Osheaga dans le spectre de Le Couleur

Le trio électro-pop francophone Le Couleur est formé de Steeven Chouinard, Laurence Giroux-Do et Patrick Gosselin.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le trio électro-pop francophone Le Couleur est formé de Steeven Chouinard, Laurence Giroux-Do et Patrick Gosselin.

Sept ans après avoir lancé son premier album, Le Couleur accède à sa première scène du festival Osheaga. « Nous n’avons pas brûlé d’étapes », estime Steeven Chouinard qui, avec Laurence Giroux-Do et Patrick Gosselin, forme le trio électro-pop francophone qui signe l’excellent P.O.P, paru en octobre dernier. Impressions sur cette première présence à l’affiche du festival, suivi des cinq concerts qu’ils nous invitent à y voir — six, en comptant le leur, programmé le samedi, 13 h, sur la scène de la Vallée.

Entre chanson francophone, disco-pop doucement rétro et house colorée, Le Couleur s’est taillé une place unique dans notre paysage musical. Témoignant d’une ravissante maîtrise de la science du groove, l’album P.O.P. marque un sommet dans la riche discographie du trio : « Cet album nous a permis de rejoindre un plus grand public », se réjouit Laurence, la voix suave et juvénile de Le Couleur.

[La musique de Daniel Avery] a du caractère; je dirais même qu’elle a une influence sur le son de Le Couleur. C’est moi qui ai fait la réalisation de l’album; je me suis inspiré de son travail dans la manière de produire certains sons.

 

Steeven attrape la balle au bond : « On passe un bel été aussi : notre album a été présélectionné pour le prix Polaris, on a passé quelques semaines à tourner en Europe, on arrive tout juste du Festif !, à Baie-Saint-Paul, les radios nous appuient davantage, tout ça est flatteur. » La présence du trio à Osheaga arrive à point nommé.

« On est contents — ça fait longtemps qu’on achale Évelyne [Côté, programmatrice chez Evenko] avec ça ! » abonde Steeven. Laurence reprend : « C’est un gros événement pour Montréal, et pour nous une belle vitrine. C’est sûr que pour des petits artistes comme nous, c’est plus difficile de se démarquer à côté des Justice ou The Weeknd de ce monde — surtout qu’on joue en tout début de journée —, mais c’est important quand même. » Surtout, leur fait-on remarquer, que la présence d’artistes locaux — Samito, Rosie Valland, Pierre Kwenders, Les Vulvets, Bernardino Feminielli, entre autres — est le seul ingrédient musical véritablement unique permettant à Osheaga de se démarquer de ses concurrents nord-américains, lesquels présentent à peu près tous les mêmes têtes d’affiche…

En tirer le meilleur

Le concert de Le Couleur à Osheaga n’a pas encore eu lieu que le trio en tire déjà des bénéfices, nous confie même Steeven. « Pour ne rien te cacher, on vient de signer avec un tourneur américain grâce à Osheaga. Il a vu qu’on était à l’affiche, a regardé des clips de nos concerts, a écouté notre album, et là, il se déplacera pour venir nous voir au festival. Ça nous aide. »

Sans compter le plaisir de partager l’affiche avec de grosses têtes, oui, mais surtout des têtes inspirantes — certaines proches de leur propre démarche — que le trio entend ne pas manquer. Steeven est le premier à se mouiller pour dévoiler le détail de cette liste qui débute avec un Anglais qu’il qualifie de « complètement malade ! ».

Visionnez le vidéoclip de la chanson Premier contact de Le Couleur
 

 

 

Daniel Avery, dimanche, scène de l’Île, à 18 h 30.« C’est un artiste qui fait dans la techno minimale “edgy”. Tu vois, son album Drone Logic ? Il est sorti il y a quatre ans [sur l’étiquette Phantasy Sound du producteur Erol Alkan], et je n’ai rien entendu dans le genre depuis. De mon côté, je travaille aussi de la musique comme celle qu’il fait. Elle a du caractère ; je dirais même qu’elle a une influence sur le son de Le Couleur. C’est moi qui ai fait la réalisation de l’album ; je me suis inspiré de son travail dans la manière de produire certains sons. »

Petit biscuit, samedi, scène de l’Île, à 17 h 35. C’est Laurence qui enchaîne avec le jeune producteur pop-house français Mehdi Benjelloun, alias Petit biscuit. « C’est drôle parce que je n’ai pas l’habitude d’acheter l’album d’un artiste sans d’abord avoir vu son spectacle. Pour moi, c’est le moment sur scène qui détermine si j’embarque ou pas. Ce sera mon baptême, puisque je ne suis pas allée le voir lors de son premier spectacle [au théâtre Fairmount en avril dernier]. Je connais son succès [Sunset Lover], j’ai entendu parler en bien de lui. Je n’ai aucune attente, je ne sais pas si je vais aimer ou pas. Ce sera une découverte — très pop, parce que j’aime beaucoup. C’est moi, le côté pop de Le Couleur ! »

MGMT, vendredi, scène de la Rivière, à 19 h 30. Patrick mise plutôt sur le groupe psyché-rock new-yorkais « Moi, j’y vais avec un choix très classique. Pourquoi ? D’abord parce que je ne les ai jamais vus en concert. Ensuite, c’est un groupe qui, à l’époque du premier album [Oracular Spectacular, 2007], m’avait jeté à terre et qui, aujourd’hui encore, est toujours actuel. Beaucoup de musiciens ont été influencés par eux. Ces gars-là sont arrivés à imposer un son, mélange d’électronique et d’organique, de psychédélique, en même temps accrocheur, plein de hooks. »

Ce premier disque a marché à fond, confirme Steeven, lui aussi enthousiaste. « Les suivants se sont moins bien vendus, mais ils sont encore meilleurs, aussi accrocheurs et plus audacieux en même temps. Ils n’ont pas essayé de recréer le succès du début, j’ai du respect pour ça. Le plus dur, c’est de continuer tout en demeurant original et en évitant de se répéter. »

Darius, samedi, scène de l’Île, 16 h 30. Ce choix, porté par Steeven, suscite aussitôt l’étonnement de Laurence. « Tu choisis Darius avant Solange ? » Absoloument, répond Steeven. « Solange m’intrigue, mais oui, j’y vais quand même avec Darius, un producteur français. C’est savoureux ce qu’il fait — il a lancé un album, Romance [2014], sur étiquette Roche Music, y’a aussi Cherokee et Crayon sur cette étiquette. On est dans le house, avec un peu d’électro et de nu-disco. Ça rappelle l’héritage de la French Touch, mais en plus sexy encore. Il joue la même journée que nous, c’est sûr que je vais aller voir. Mais je suis curieux de voir Solange… » Laurence n’est visiblement pas convaincue. « Mais il paraît qu’elle est plate en spectacle, non ? En tout cas, Solange serait mon choix. »

Belle and Sebastian, vendredi, scène de la Vallée, à 18 h 30. Steeven, décidément inspiré, poursuit : « J’y vais d’un choix encore plus grand public que MGMT : le groupe écossais Belle and Sebastien. » Laurence approuve sans hésiter. « Ah ouais. Je suis d’accord ! » « Sont sharp depuis quinze ans [plus de vingt, en fait], précise Steeven. C’est de la bonne indie pop. C’est vrai que, dans notre liste, c’est probablement le groupe qui, musicalement, s’éloigne le plus de notre son. Et pourtant, j’ai le sentiment qu’on a écouté la même musique, eux et nous. »

1 commentaire
  • Maxime Parisotto - Inscrit 29 juillet 2017 20 h 30

    personnellement, vu le prix des passes...j'irais jamais à ce festival...