Osheaga s’adapte à son nouveau site

Osheaga posera ses pénates sur l’île Notre-Dame, entre le parc des Floralies et l’épingle du circuit Gilles-Villeneuve.
Photo: David Afriat Le Devoir Osheaga posera ses pénates sur l’île Notre-Dame, entre le parc des Floralies et l’épingle du circuit Gilles-Villeneuve.

Forcé de déménager pour les deux prochaines éditions en raison des travaux d’aménagement au parc Jean-Drapeau, le festival Osheaga, qui se déroule du 4 au 6 août, affronte un défi de taille en s’installant dès cette année sur l’île Notre-Dame voisine. L’endroit est un terrain de jeu bien différent qui demande plusieurs ajustements.

« Ça faisait 11 ans qu’on était sur le même site, on savait comment ça marchait, on l’avait vécu, mais cette année, on parle d’une géographie complètement différente », raconte Nick Farkas, vice-président aux concerts et aux événements pour Evenko.

C’est que le parc Jean-Drapeau mène son « Projet d’aménagement et de mise en valeur », qui consiste entre autres à revoir la place des Nations, à construire une promenade le long des berges et à aménager un amphithéâtre naturel qui pourra accueillir 65 000 personnes, et où les festivals d’Evenko s’installeront en 2019.

D’ici là, Osheaga pose ses pénates sur l’île Notre-Dame, entre le parc des Floralies et l’épingle du circuit Gilles-Villeneuve. À noter, le spectacle de Metallica, mercredi dernier, et celui de Guns N’ Roses, le 19 août, sont plutôt situés à l’autre bout de l’île, près de la « courbe Senna ».

Dès l’automne dernier, les organisateurs ont multiplié les essais de disposition du site, un véritable casse-tête, dit Nick Farkas, qui tenait à ce que l’endroit permette d’accueillir la même quantité de festivaliers. « On parle de créer une ville de 45 000 à 50 000 personnes, c’est énorme comme projet. »

Des scènes face à face

D’une part, il ne faut pas que les scènes se « contaminent » musicalement parlant, mais il faut que les emplacements puissent permettre le déplacement des artistes, de la production, du public, et qu’on puisse y installer les restaurants, les toilettes, etc.

Une des principales différences entre l’ancien site et le nouveau est la disposition des deux grandes scènes principales, où alternent sans pause les spectacles pendant Osheaga.

Habituellement, elles étaient installées côte à côte et il suffisait presque de tourner la tête pour suivre le concert suivant.

« Là, elles sont face à face parce que le site est moins large, explique Nick Farkas. Il va falloir se retourner et marcher un peu pour arriver à l’autre scène. » Il insiste pour dire que des tours de relais pour le son et des écrans ont été installés pour que l’expérience des festivaliers soit à point.

Signalisation

Pour ce qui est de l’arrivée et du départ du site, Evenko est conscient que tous les festivaliers devront franchir la même passerelle, soit le pont du Cosmos, qui permet de passer du métro Jean-Drapeau à l’île Notre-Dame.

« On a regardé ce qui s’est passé pour la Formule 1 et pour Metallica mercredi, dit Nick Farkas. On regarde ce qui marche et ce qui marche moins. Mais c’est la même quantité de gens qu’on gère pour Osheaga, je n’ai pas de crainte, ça va bien se passer. »

Les festivaliers fidèles devront quand même trouver de nouveaux repères pour se déplacer sur le site, ce que permettra de faire l’application mobile d’Osheaga. « On a fait en sorte que même le volet Arts du festival aide à délimiter les différentes zones, avec un changement d’atmosphère ou de thème », illustre Nick Farkas.

Les nouvelles installations du festival mettant en vedette Lorde, Muse et The Weeknd ont toutefois fait grimper le budget de l’événement d’environ 15 à 20 %. Parmi les dépenses supplémentaires, on note… du tapis gazon.

« Il y a des parties du site qui sont sur la piste, qui sont plus asphaltées, et on ne voulait pas que ça soit trop chaud s’il fait 30 degrés. On a investi dans beaucoup de tapis gazon ! » rigole Farkas, précisant que le site reste fort joli, situé sur le bord de l’eau.

L’équipe a-t-elle tout de même des craintes quant au déroulement de cette édition d’Osheaga ? « Pas du tout, dit Nick Farkas. Honnêtement, on a une des meilleures équipes de production au monde, avec beaucoup d’expérience pour gérer un site comme celui-là. » Rien ne sera glissé sous le tapis gazon, donc.


Avant Osheaga, le punk-rock du festival ‘77

Le promoteur Evenko rajoute cette année un petit nouveau à son offre de festivals, soit l’événement ‘77, qui mettra en scène la musique punk-rock. Le festival, qui permettra entre autres de voir Rancid, Dropkick Murphys, The Vandals et X prend en quelque sorte le relais du Vans Warped Tour, qui ne s’arrête plus à Montréal. « On a d’abord mis plus de punk-rock à Heavy Montréal, mais ça n’a pas été une grosse réussite, mélanger les deux n’a pas super bien marché », dit Nick Farkas, vice-président aux concerts et aux événements pour Evenko. ‘77 se veut familial, et permettra aussi aux organisateurs de roder une partie du nouveau site sur lequel s’ébranlera Osheaga. « Le concept, c’est 40 ans de punk-rock, dit Nick Farkas. On veut vraiment que ça reflète l’historique de ce mouvement. »