Concerts populaires, un concept à redéfinir?

Louis Lavigueur, du Choeur classique de Montréal
Photo: Pierre-Étienne Bergeron Louis Lavigueur, du Choeur classique de Montréal

Louis Lavigueur, l’Orchestre symphonique des jeunes de Montréal et le Choeur classique de Montréal ouvraient jeudi soir la saison 2017 des Concerts populaires de Montréal. Dans une semaine, on entendra des tubes des Beatles, le 20 juillet, ce sera de la musique militaire et le 3 août, Jean-François Breau et Marie-Ève Janvier seront chaperonnés par Marc Hervieux. Entre les deux, trois sopranos, la Sinfonia de Lanaudière et un concert du Métropolitain sauvent à peine ce qui reste de l’idée du maire Drapeau.

Rappelons que l’idée maîtresse de Jean Drapeau était d’offrir au public de l’est de l’île de Montréal le répertoire symphonique interprété par des artistes de haut niveau. Le maire Drapeau avait alors monté le projet avec l’OSM et son chef associé, Alexander Brott. Un article publié en 2014 par Radio-Canada rappelle très justement les termes de la conférence de presse de 1964 : « Le maire Jean Drapeau insiste sur le fait que la musique présentée lors de ces concerts est populaire dans le sens de connue et appréciée d’un large public, et non légère. » Vous voyez l’hiatus ?

Et je ne parle pas des conditions d’accès. En 1964, les places coûtaient 2 $ au parterre et 1 $ dans les gradins. Cela correspond, respectivement, en dollars actualisés de 2017, à 16 et 8 $. Aujourd’hui, quand on va assister aux Concerts populaires et que l’on se gare dans l’enceinte du Centre Pierre-Charbonneau (d’autres options n’existent guère), la place de stationnement de M. Coderre (12 $) est 50 % plus chère que la place de concert du maire Drapeau ! Pas très populaire, tout cela, dans ce quartier et pour un public souvent à mobilité réduite.

En salle, à entendre la symphonie de Schumann, et sans insister trop lourdement, la débandade est du même niveau. Disons que ce que nous avons entendu était valeureux par les efforts consentis, présentable en ce qui concerne la messe de Gounod, mieux en place et mûrie, mais ne répondait pas aux critères d’excellence du fondateur de la manifestation.

Louis Lavigueur a transformé l’exécution de la Symphonie Rhénane en concert-conférence. À entendre certains exemples énoncés aux altos et violoncelles, on comprenait le pourquoi du comment de notre malheur auriculaire. Excellente prestation des solistes masculins dans Gounod, chapeau, de manière générale, au bel esprit cordial du chef, aux cors, trombones, clarinettes et à la plupart des violons. Rien d’autre à dire.

Quant aux Concerts populaires, il y a assurément une question de moyens, mais il y a surtout un problème de fidélité au concept, de volonté artistique et peut-être de connaissance des nouvelles forces vives de la musique classique à Montréal.

Soirée romantique: Schumann et Gounod

Schumann : Symphonie no 3, « Rhénane ». Gounod : Messe solennelle de Sainte-Cécile. Julie Daoust (soprano), Éric Thériault (ténor), Pierre Rancourt (baryton), Choeur classique de Montréal, Orchestre symphonique des jeunes de Montréal, Louis Lavigueur. Centre Pierre-Charbonneau, jeudi 29 juin.

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