Chopin, David Fray

Le nouveau CD du pianiste français repéré lors du Concours musical international de Montréal en 2004 prouve que l’âme de David Fray est intensément romantique, loin de Bach à travers lequel son éditeur avait tenté de le lancer. Invoquer Schumann pour définir Chopin — par le murmure et l’intensité des silences —, comme l’affiche le dos du disque, définit ce romantisme comme d’essence germanique. David Fray semble avoir en commun avec Hélène Grimaud la présence quasi obsédante de cette germanité. On en ressent presque physiquement la douleur dans ce parcours Chopin, où murmures et silences distillent une nostalgie automnale. Ce Chopin schumannien, avec si peu de rayons de soleil, invite-t-il à la méditation ou se regarde-t-il souffrir ? Se poser la question, c’est entrer dans le jeu de David Fray et faire face à une démarche qui, même si on n’y adhère pas, a le mérite de la cohérence et de l’intégrité. Respect.


David Fray joue le Nocturne Op48 No1 de Chopin

Chopin – David Fray

★★★★
Musique classique

Sept nocturnes, trois mazurkas, polonaise-fantaise, impromptu, valse. Erato 0190295896478.