Huit «chansonneurs» pour un même fleuve

Dans l’exercice, les deux festivals à la santé financière fragile économisent aussi un peu d’argent.
Photo: Alain Lauzier Dans l’exercice, les deux festivals à la santé financière fragile économisent aussi un peu d’argent.

Les rapprochements entre les festivals musicaux de Tadoussac et de Petite-Vallée se poursuivent. Maintenant que leurs dates se suivent au calendrier, les deux événements ont décidé d’unir leurs programmes dédiés à la relève, sous l’étiquette « Destination chanson fleuve ».

Cette appellation rassemble donc les Chemins d’écriture de Tadoussac et les « chansonneurs » du Festival en chanson de Petite-Vallée. Les huit mêmes auteurs-compositeurs-interprètes commenceront maintenant leur parcours à Montréal, avec une résidence artistique du 5 au 12 juin — avec en prime un spectacle aux FrancoFolies —, avant de travailler leur écriture à Tadoussac du 23 juin au 2 juillet et de traverser le fleuve vers Petite-Vallée, du 2 au 8 juillet.

« Pour être honnête, j’étais déjà à réfléchir à comment mieux aider les jeunes, explique Alan Côté, directeur du Festival en chanson de Petite-Vallée. Les chansonneurs étaient en atelier mur à mur, on ne les voyait plus, on avait perdu quelque chose dans la rencontre avec le public et même entre les générations d’artistes. Là on va avoir encore du coaching, mais plus au niveau de la scène, du métier, avec des ateliers avec la SPACQ, la SOCAN. On va pousser ça plus loin. »

Les apprentissages seront donc mieux répartis, et davantage de gens de l’industrie pourront voir un nombre plus restreint de créateurs. « Ma vision, c’est qu’il y en a tellement qui veulent faire ça, un moment donné il faut un screening, croit Alan Côté, lui aussi musicien. Je sens que le fait qu’on s’allie, ça va monter le standard encore plus. »

Des huit artistes sélectionnés, cinq seront Québécois, et deux seront issus de la francophonie canadienne. Le dernier membre de la cohorte viendra de France et sera choisi par l’Association Chants-Sons, qui travaillait déjà avec le festival de Tadoussac.

Des économies

Dans l’exercice, les deux festivals à la santé financière fragile économisent aussi un peu d’argent.

Du côté de Petite-Vallée, Alan Côté dit avoir réussi en 2016 à absorber une partie de son déficit accumulé de 250 000 $. « Cette année, c’est notre 35e anniversaire, on va essayer de surfer là-dessus pour se sortir du déficit. Mais on se donne cinq ans, on a notre plan. On a revu toute notre mission, la vision de l’événement. On a travaillé avec deux firmes pour notre planification stratégique. Ç’a coûté des sous, mais il fallait le faire pour voir loin. On est très enthousiastes. »