100 chansons pour les 100 premiers jours de Trump

Angel Olsen
Photo: Matt Cowan Agence France-Presse Angel Olsen

Après le projet 30 Days, 30 Songs, né en octobre dernier lors de la fin de la campagne présidentielle américaine avec l’objectif de contrecarrer les plans de Donald Trump, voici que sera mise sur pied une nouvelle initiative similaire, Our First 100 Days, mettant les mélomanes et la société civile devant le coloré et imprévisible politicien.

Le principe est simple. À chacun des 100 premiers jours de la présidence de Donald Trump, une chanson inédite sera mise en ligne sur la page Bandcamp de l’initiative. Les titres seront vendus sous la forme d’un abonnement global de 30 $US, ou plus si désiré. À la clé, les profits seront remis à des organismes qui défendent des causes menacées par les politiques de celui qui entrera officiellement en poste le 20 janvier.

Parmi les artistes impliqués dans le projet mené par Secretly Group et les gens du projet 30 Songs, 30 Days, on compte Angel Olsen, Toro Y Moi, Jens Lekman, Twin Peaks, Beach Fossils, Whitney et des dizaines d’autres musiciens plus ou moins alternatifs.

Our First 100 Days a choisi cinq organismes à qui redonner ses profits : All Above All, qui s’implique dans les enjeux de l’avortement, Cosecha, qui lutte contre l’oppression des immigrants américains, People’s Climate Movement, qui s’occupe d’enjeux environnementaux, Southerners On New Ground, qui défend entre autres les droits de la communauté LGBTQ dans le sud du pays, ainsi que Hoosier Action, qui veut redonner du pouvoir politique aux travailleurs de l’Indiana.

Des outils

Our First 100 Days est né d’une idée de John Coombs, patron de Secretly Group, une entité qui rassemble entre autres les étiquettes Jagjaguwar, Dead Oceans et Secretly Canadian. « Le résultat des élections n’était pas celui que j’aurais espéré, raconte-t-il en entrevue au Devoir. En cherchant un peu quoi faire, j’ai appelé Jordan [Kurland] et Dave [Eggers] du projet 30 Days, 30 Songs, pour savoir s’ils avaient des plans pour la suite des choses. J’ai proposé Our First 100 Days, et ils ont embarqué dans le projet. On a tous des outils qui nous sont propres, et ça, c’étaient les meilleurs que nous avions. »

Coombs ne croit pas que l’initiative 30 Days, 30 Songs a échoué, même si Donald Trump a remporté les élections. « Si tu regardes le projet, le but, c’était d’éveiller la conscience des électeurs et d’aller faire voter les gens. Je pense que ce serait naïf de croire que c’était pensé comme une panacée. Et là [avec Our First 100 Days],il y a une composante de charité très forte ; on veut aider ces organismes qui vont avoir besoin d’aide dans les prochaines années, et même dès vendredi la semaine prochaine. »

Les cent chansons qui seront proposées ne sont pas explicitement politiques, assure John Coombs. « Certaines le seront, d’autres seront juste des chansons sur la vie, l’amour, quoi. Il n’y avait pas de prérequis, il n’était pas nécessaire d’écrire une nouvelle chanson contre Trump ou pour quelqu’un. On voulait juste de la musique exclusive pour intéresser les gens et pour qu’ils donnent de l’argent à des organismes qui font du bon boulot. »

Vendredi, après trois heures de mise en ligne, Our First 100 Days avait déjà récolté 5000 $, « et ce, même si il n’y a pas encore de musique en ligne ! » se réjouit Coombs.

Trump impopulaire

Donald Trump s’est avéré plutôt impopulaire auprès de la classe artistique américaine, en général beaucoup plus près des valeurs démocrates. Plusieurs chanteurs et musiciens ont même refusé de monter sur scène lors de l’investiture du président, le 20 janvier, dont Moby, Elton John, Andrea Bocelli, Justin Timberlake et Bruno Mars.

Les formations Talladega Marching Tornadoes, The Rockettes, The Mormon Tabernacle Choir et la chanteuse Jackie Evancho ont pour leur part accepté l’invitation.