Les voix intérieures, André Gagnon

On imagine la scène dès Perdue et retrouvée, la première pièce : un pianiste qui pianote d’une main, le coude sur le Steinway, et puis le coude lâche parce que le pianiste s’est endormi en jouant. Ça me scie, ça me sidère, cet album qui ramène André Gagnon en studio : comment peut-on croire qu’on distille ici autre chose que l’ennui sous des airs de mélancolie ? Qu’est donc devenu l’accompagnateur des chansonniers et de leurs interprètes ? Avoir croisé les gammes avec un Claude Léveillée, magnifié une Monique Leyrac, mis en musique du Michel Tremblay (Nelligan), pour en arriver là, figé dans cette posture simili romantique, où le Chopin wannabe ne donne que du sous-Mantovani, voire du sous-Richard Clayderman. Certes, il y a de la beauté dans ces arrangements sobres : ici un violoncelle, là un cor anglais ajoutent des couleurs à ce qui serait du drabe pâle. Mais les voix intérieures n’étouffent pas moins sous cette musique lisse, désespérément lisse.


André Gagnon - Tierces

Les voix intérieures

★★
Instrumental

André Gagnon, Audiogram/Sony Music