Des légendes au rendez-vous à Igloofest 2017

Igloofest débutera le 12 janvier et se terminera par deux journées gratuites, les 12 et 19 février.
Photo: Peter Ryaux-Larsen Igloofest débutera le 12 janvier et se terminera par deux journées gratuites, les 12 et 19 février.

Carl Cox, Laurent Garnier, Dave Clarke, Steve Bug, Josh Wink : tant de pionniers de la musique électronique réunis sur une même affiche ? Pour lancer officieusement les célébrations du 375e anniversaire de Montréal, on ne pouvait faire mieux que la programmation du 11e Igloofest, dévoilée ce jeudi, avec l’hiver à nos portes.

Une édition sertie d’étoiles qui débutera le 12 janvier avec un DJ set du duo allemand Apparat et qui se terminera par deux journées additionnelles gratuites, les 12 et 19 février.

Cette constellation de vétérans électros n’était même pas intentionnelle, assure Marie-Laure Saidani, programmatrice d’Igloofest : « Carl Cox, ça fait dix ans que j’essaie de l’avoir. Même chose pour Laurent Garnier, que je suis très excitée de pouvoir ajouter à l’affiche. C’est un hasard que les deux aient accepté en même temps ! En plus, je parie qu’ils n’ont pas souvent joué devant des milliers de gens à -20 °C… »

Voyons-y alors un signe que le mot s’est bien répandu sur la scène électronique mondiale : il se passe quelque chose d’extraordinaire pendant l’Igloofest, ce festival qui, mieux que tout autre événement en ville, a permis aux fêtards montréalais d’embrasser leur nordicité en dansant sur les quais du Vieux-Port, bière à la main et tuque sur les oreilles. L’organisation des festivités du 375e anniversaire de Montréal a aussi reconnu l’importance de l’Igloofest en lui allouant un budget lui permettant de mettre sur pied deux samedis d’activités additionnelles et gratuites dont la teneur sera dévoilée plus tard. Sachez seulement que les DJ seront au rendez-vous et qu’on y tiendra des « olympiades d’hiver » rocambolesques.

Combat de titans

Ambassadeur de la scène électronique britannique depuis le début des années 1990, Carl Cox diffuse la house et la tech-house aux quatre coins du monde, avec une prédilection pour la légendaire boîte Space Ibiza. Il tiendra le haut de l’affiche le 13 janvier sur la scène principale pour un DJ set de trois heures. Le Français Laurent Garnier est tout aussi reconnu par les danseurs, lui qui a précédé, voire annoncé, la venue de Daft Punk et de la French Touch avec son alliage de techno et de house sur une série de mini-albums marquants dès le début des années 1990. Il sera sur la grande scène le 27 janvier, aussi en DJ set.

« Le DJ set se prête mieux à l’Igloofest que la performance live, et pas seulement pour des raisons techniques, insiste Saidani. Je crois que les gens ont besoin de se faire raconter une histoire avec des disques. »

Le 20 janvier, les danseurs assisteront à un véritable combat de titans du techno des années 1990, alors que l’Américain Josh Wink, ex-poids lourd de l’acid house, et l’Allemand Steve Bug, fameux pourvoyeur de tech-house et fondateur de la maison de disques Poker Flat Recordings, enfileront ensemble les vinyles. Autre vétéran techno, Britannique celui-ci, Dave Clarke occupera le haut de l’affiche de la soirée du 4 février. Par ailleurs, les amateurs de techno franc prendront note du retour d’un des chouchous des (vieux) raveurs montréalais, l’Allemand Chris Liebing, sur scène le 21 janvier.

Par la force des choses, les découvertes cachées dans cette programmation sont reléguées à la seconde scène et aux premières parties et sont principalement locales — sauf peut-être pour Moxie, une DJ britannique ayant été résidente sur les ondes de BBC Radio 1 et dont la carrière a le vent en poupe, détaille Marie-Laure Saidani, fière de sa prise.

Hiver et été

Parmi les artistes québécois, soulignons les performances de CRi (12 janvier), The Rawsoul (13 janvier), City Kid Soul (le 28 janvier, avec les Britanniques Eats Everything en tête d’affiche), Seychelle (4 février) et des collectifs Trash Family (Mr. Nokturn, KL. TZ, Ozias et Digital Fire, le 19 janvier), Saintwoods (Da-P et Planet Giza, 26 janvier), MOTO Made (Grandbuda et Noo-Bap, 27 janvier) et Kannibalen (Snails, Apashe, Dabin, 2 février). Le fin détail de l’affiche du 11e Igloofest peut être étudié en se rendant à igloofest.ca.

D’autres annonces seront bientôt faites quant à Igloofest et son grand frère estival Piknic Électronik, deux événements désormais réunis sous le giron du « collectif expérientiel » Mishmash, appuyé par la société de placement XPND Capital de l’entrepreneur montréalais Alexandre Taillefer. Comme le Piknic, Igloofest cherche à exporter son concept vers d’autres villes nordiques, d’où l’intérêt d’avoir rejoint Mishmash.

De plus, on prévoit une édition toute spéciale pour le Piknic Électronik qui, en plus de souligner sa 15e édition, soulignera à sa manière le 375e anniversaire en proposant le projet Remix 67.

Forcé à l’exil par les travaux d’aménagement du parc Jean-Drapeau qui auront lieu cet été, Piknic Électronik s’est inventé une solution originale en faisant équipe avec GSM Project, firme spécialisée « dans le design et la production d’installations thématiques et d’expositions ». Remix 67 sera une « expérience immersive inspirée de Terre des Hommes » qui transformera la forêt Todd, sur l’île Sainte-Hélène, en un parcours de dix installations immersives inspirées d’Expo 67, dont on soulignera également le 50e anniversaire. Ainsi, c’est dans cette forêt imaginaire que Piknic Électronik donnera rendez-vous aux milliers de danseurs l’été prochain. L’inauguration officielle du projet Remix 67 est prévue pour le 21 mai 2017.