Café Zimmermann: toujours les bienvenus!

L’ensemble européen Café Zimmermann
Photo: Antoine Saito Festival Bach Montréal L’ensemble européen Café Zimmermann

Café Zimmermann porte le nom de l’établissement que fréquentait Bach et où il organisait ses concerts de musique profane. Cet ensemble européen, constitué en 1999 par le violoniste Pablo Valetti et la claveciniste et organiste Céline Frisch, s’est fait remarquer par des enregistrements sur étiquette Alpha. Par ailleurs, Frisch est une interprète majeure de Bach au clavecin. Son enregistrement des Variations Goldberg est une référence et son récent 1er Livre du Clavier bien tempéré est bardé de distinctions.

Nous avons affaire à d’excellents musiciens, qui, contrairement à la décevante Accademia Bizantina, sont venus de loin pour célébrer la musique de Bach plutôt que pour aller chercher un chèque. Il y a aussi, par rapport au show de Mahan Esfahani de vendredi, une atmosphère de partage et d’humilité. Le hautbois, par exemple, était si bon qu’il aurait pu jouer au grand soliste ou au héros. Mais il s’est comporté comme un musicien parmi d’autres. Dans le genre brillant et discret, Céline Frisch a fait fort, aussi.

Café Zimmermann, ensemble sur instruments anciens, est composé d’instrumentistes qui n’ont pas choisi « option baroque » par défaut. Le fond de jeu est juste et pas dogmatique. Le choix du programme ne fut certes pas excitant, mais intellectuellement solide, avec la juxtaposition des Cantates BWV 56 et 82, d’une grande parenté, et des échos du hautbois de l’Adagio du Concerto pour orgue dans l’Aria II de la BVW 56.

Je n’ai pas beaucoup accroché à la Sonate en trio d’après BWV 1029, où un alto prend la ligne de la viole et le violon celle de la main droite du clavecin. L’altiste n’est pas parvenue à convaincre que l’idée de lui confier cela est judicieuse.

Je ne doute pas que Café Zimmermann aura fait davantage impression dans le programme concertant de dimanche : le baryton Benoit Arnould a beau être excellent, des solistes comme cela, on en a une bonne demi-douzaine ici et cela ne valait pas le coup de faire de deux cantates le centre d’intérêt du concert d’un ensemble invité si prestigieux. Par ailleurs, présenter « Ich habe genug » un mois après la confession intime de Bernard Labadie, et ce début sorti des limbes que je n’oublierai jamais, était un pari perdu d’avance.

Une soirée musicale au Café Zimmermann

Bach : Concerto pour orgue, cordes et basse continue (bc.) d’après BWV 35 et 156. Sonate pour violon et bc. BWV 1021. Sonate en trio d’après la Sonate pour viole de gambe et clavecin BWV 1029. Cantates « Ich habe genug », BWV 82 et « Ich will den Kreuzstab gerne tragen », BWV 56. Benoit Arnould (baryton), Ensemble Café Zimmermann. Église St. Andrew St. Paul, samedi 26 novembre 2016