Un grand saut dans l’inconnu

Un Iranien consulte les journeaux le lendemain de l'élection de Donald Trump.
Photo: Atta Kenare Agence France-Presse Un Iranien consulte les journeaux le lendemain de l'élection de Donald Trump.

La politique étrangère du président élu des États-Unis, Donald Trump, s’apparente à un grand saut dans l’inconnu, tant le tonitruant milliardaire a été flou et brutal durant sa campagne, promettant de détricoter ce que Barack Obama a réalisé.

Des experts rattachent ce novice en politique au courant isolationniste, l’un des cycles de la politique étrangère de l’Amérique depuis le XIXe siècle. Hillary Clinton aurait, au contraire, été probablement une présidente plus interventionniste sur la scène internationale.

« Avec Trump à la Maison-Blanche, la politique étrangère des États-Unis devrait fondamentalement dévier de tout ce que nous avons vu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ou devenir de plus en plus chaotique et incohérente. Deux options effrayantes », redoute Matteo Garavoglia, chercheur à la Brookings.

Son collègue, Thomas Wright, également de l’Institut Brookings, craint aussi que « les États-Unis n’abandonnent leur rôle de leader de l’ordre international » occidental. Et, si cet « ordre s’effondre, personne ne sait où cela finira et les conditions seront peut-être alors réunies pour une guerre majeure », écrivait-il lundi, avant la victoire de M. Trump.

De fait, pour le nouveau président, les États-Unis ne peuvent plus être les gendarmes du monde et doivent réduire leur aide internationale.

Large programme

Durant 16 mois de campagne, le républicain a promis de prendre le contre-pied du démocrate Obama : réconciliation avec la Russie du président Vladimir Poutine, envoi de dizaines de milliers de soldats en Syrie et en Irak pour anéantir le groupe État islamique (EI), guerre commerciale avec la Chine, remise en cause des principes de l’OTAN et des accords internationaux sur le climat, le libre-échange et le nucléaire iranien.