Soft Hair, Soft Hair

L’affaire qui est pas mal, avec cette époque folle qui est la nôtre, c’est que le postpostmodernisme accorde autant de valeur à la satire qu’à la démarche « sérieuse ». Car la satire a beaucoup à dire sur (vous la voyez venir) cette époque folle qui est la nôtre. Difficile de dire si Soft Hair, ce nouveau duo constitué des colorés personnages Connan Mockasin et Sam Dust, de LA Priest et Late of the Pier, se prend au sérieux avec ces huit chansons R’n B électro-tropicales aux synthés suintant la sexualité kitsch. Un falsetto et un nasillard qui alternent au micro, sur une instrumentation presque intersidérale et cabotine. Un univers qui rappelle un Ariel Pink (Lying Has to Stop), avec plus de concentration. Prince (In Love) et Bowie font visiblement partie des mentors. Chacune des pièces étant composée de plusieurs couches sonores recherchées. Si l’environnement visuel de Soft Hair — pochette, vidéoclip — a indéniablement quelque chose de queer, cela n’est malheureusement pas transmis dans les paroles, qui trempent un peu dans le macho par moments.

Soft Hair

Pop rock

Soft Hair, Weird World