Troisième saison de cantates de Bach: un départ cohérent

L'Orchestre baroque Arion, habitué de l’entreprise et de la salle, était mené, dimanche, par Alexander Weimann, qui dirigera également, cette semaine, de jeudi à dimanche, le premier concert de sa saison régulière. 
Photo: Courtoisie de la salle Bourgie L'Orchestre baroque Arion, habitué de l’entreprise et de la salle, était mené, dimanche, par Alexander Weimann, qui dirigera également, cette semaine, de jeudi à dimanche, le premier concert de sa saison régulière. 

La Salle Bourgie lançait dimanche sa troisième des huit saisons nécessaires à la présentation intégrale des cantates de Bach. Cette troisième année nous vaudra, comme l’an passé, une visite particulière, celle de l’ensemble français Le Banquet céleste, du contre-ténor Damien Guillon, qui interprétera, le 26 mars 2017, des cantates pour alto. Autre événement particulier : la première contribution de Bernard Labadie à cette intégrale. Ce sera dans le cadre du prochain concert, le 30 octobre.

De son côté, l’Orchestre baroque Arion, habitué de l’entreprise et de la salle, était mené, dimanche, par Alexander Weimann, qui dirigera également, cette semaine, de jeudi à dimanche, le premier concert de sa saison régulière. On y retrouvera Bach, avec une cantate profane célèbre : la Cantate du café.

Pour ce premier concert de la saison 3, Arion proposait comme de coutume la « cantate du jour », en l’occurrence « Herr Christ, der einge Gottessohn », BWV 96, dont le choral final a été repris, entonné par une majorité des spectateurs présents. L’appariement avec les Cantates BWV 45 et 113 était logique en matière d’effectifs et bien adapté à Arion, avec solos de flûtes (Claire Guimond, fondatrice de l’ensemble) et duos des hautboïstes Matthew Jennejohn et Daniel Lanthier, particulièrement brillants dans l’air de basse de la BWV 113.

Le premier enseignement de ce concert est le choix avisé des solistes, qui intervenaient en tant que tels et dans les choeurs, puisque le principe d’un musicien par partie avait été retenu. La basse James Blumberg possède énormément d’aplomb et une grande facilité à vocaliser, la présence du ténor Philippe Gagné est tout aussi affirmée, la soprano Hélène Brunet n’a pas eu grand-chose à faire (pas d’air pour elle dans ces trois cantates, juste un duo et un récitatif), mais elle l’a fait avec clarté. Quant à Laura Pudwell, elle n’a pas un timbre suave, mais le côté un peu claironnant de la voix fait merveille dans la manière de clamer et soutenir le cantus firmus dans le 1er choeur de la Cantate BWV 96. Tous font de très notables efforts dans la prononciation de la langue allemande.

On saluera également le choix avisé d’Alexander Weimann d’alterner entre orgue et clavecin pour le continuo et le brillant solo de flûte piccolo d’Alexa Raine-Wright. Pour le reste, en matière de finesse d’intonation de la partie instrumentale, j’ai peu goûté mon après-midi, surtout dans la Cantate BWV 45 ou le récitatif accompagné de la BWV 113. Même en tentant de mettre de côté mon manque d’affinité avec le jeu de la violoniste Chantal Rémillard, je dois avouer que je parviens difficilement à m’y faire (et dire que le choral d’alto de la BWV 113 est à l’unisson…). Pourtant, la prestation de sa collègue Noémy Gagnon-Lafrenais m’a paru très prometteuse, avec une matière sonore nourrie, bien perceptible dans la Cantate BWV 96.

Intégrale des Cantates de Bach

3e saison, 1er concert. Arion Orchestre Baroque. « Es ist dir gesagt, Mensch, was gut ist », BWV 45, « Herr Christ, der einge Gottessohn », BWV 96 (Cantate du jour selon le calendrier liturgique), « Herr Jesu Christ, du höchstes Gut », BWV 113. Hélène Brunet, soprano ; Laura Pudwell, alto ; Philippe Gagné, ténor ; Jesse Blumberg, basse. Direction : Alexander Weimann. Salle Bourgie, dimanche 25 septembre 2016.