Ape in Pink Marble, Devendra Banhart

Relâchons les cols et que tournent les cravates. Avec Ape in Pink Marble, le grand fantaisiste Devendra Banhart accomplit une transe costumée mi-absurde cette fois esthétiquement sobre, plus mesurée que l’était Mala (2013). Ce neuvième album, lui aussi produit par Noah Georgeson et Josiah Steinbrick, est troué de poches d’air et bat un pouls lent, façon disco douce. L’artiste et musicien vénézuelano-américain n’a pas perdu son trémolo surréel ni son esprit freak acoustique (Middle Names), mais serait-ce qu’il vieillit et calme, de ce fait, sa folie exploratoire ? Basse, synthés, mellotron et piano électrique forment un ensemble coussiné d’influence samba–bossa-nova brésilienne, avec élans de fantaisie japonais (koto) et africains (marimba). Banhart susurre, arrondit et fait briller ses histoires mystérieuses, entre délire joyeux (Fig in Leather) et sérieux requiem (Mourner’s Dance). Ceci n’est pas une révolution, mais un glissement accompli et gracieux, qui laisse présager du reste.


Devendra Banhart - Middle Names

Ape in Pink Marble

Folk alternatif

Devendra Banhart, Nonesuch