Créateurs à l’honneur… et en vue!

Quelques-uns des récipiendaires du Gala de la SOCAN 2015 à Montréal (de gauche à droite, rangée du haut): Safia Nolin, Alain Chartrand, Ariane Moffatt, Richard Séguin, Luc Fortin et Stéphane Venne; (de gauche à droite, rangée du bas): Eric Baptiste, chef de la direction de la SOCAN, Geneviève Côté, chef des affaires du Québec pour la SOCAN et Luc Plamondon
Photo: Frédérique Ménard-Aubin SOCAN Quelques-uns des récipiendaires du Gala de la SOCAN 2015 à Montréal (de gauche à droite, rangée du haut): Safia Nolin, Alain Chartrand, Ariane Moffatt, Richard Séguin, Luc Fortin et Stéphane Venne; (de gauche à droite, rangée du bas): Eric Baptiste, chef de la direction de la SOCAN, Geneviève Côté, chef des affaires du Québec pour la SOCAN et Luc Plamondon

Avant, ça se passait fin novembre, voire début décembre, dans une salle de réception d’hôtel. Plutôt une célébration en circuit fermé, par les créateurs pour les créateurs. Certes réservait-on une petite tablée aux journalistes, afin de relayer la liste des lauréats, mais l’ambiance était aux retrouvailles entre condisciples, et aux confessions parfois trop intimes pour citation sans potinage.

Depuis l’an dernier et le transfert au Métropolis, le gala de la SOCAN se veut plus événementiel. Le présenter dès septembre, pour cette 27e édition, constitue le symbole d’une perception élargie : l’événement devient plausible jusque dans la rue, puisqu’un tapis rouge attendait lundi à l’heure du souper membres et invités de la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, sans le tapis blanc de la première neige pour le recouvrir.

Reconnus et vus

Ces créateurs, l’intention est manifeste, méritent non seulement d’être reconnus, mais également d’être vus. Et une remise de prix qui soit aussi un véritable spectacle, mis en scène par Yann Perreau.

Le programme concocté par la nouvelle garde de la Société (qui a aussi actualisé la revue Paroles et musique) regorgeait de performances. Ainsi, pour honorer Stéphane Venne (prix Empreinte culturelle), ils auront été nombreux à entonner Le début d’un temps nouveau, chanson emblématique s’il en est : Klô Pelgag, Loud Lary Ajust et Pierre Kwenders renouvelaient certainement la donne.

Plus grosse bringue encore pour l’éternellement regretté Dédé Fortin et les Colocs, dont cinq chansons (avec divers collaborateurs) étaient intronisées au Panthéon des classiques de la SOCAN : l’animateur du gala, Stéphane Archambault, a repris pour l’occasion son micro de chanteur, avec les Philippe Brach et pas mal d’autres.

Mémoire vive et actualité vibrante

On remarquera pareillement l’ajout chaque année de nouveaux prix, au-delà des mentions de prestige, de l’habituelle liste des « chansons populaires » (les plus diffusées), des « classiques de la SOCAN », et des accolades pour les artisans de la musique pour petit et grand écran (voir la liste complète sur le site socan.ca).

Si l’on n’a pas manqué de souligner l’apport du fort valeureux Alain Chartrand à la chanson d’expression française (prix Hommage, coïncidant avec les 30 ans de son festival Coup de coeur francophone), si l’on a dûment décerné le prix Excellence à Richard Séguin pour l’ensemble de son oeuvre, on notait la place de plus en plus belle faite à une Safia Nolin (prix Révélation), aux Grimes et Coeur de pirate (prix International), à la musique urbaine (Loud Lary Ajust), au country (Yoan), à la musique électronique (High Klassified), tout en tenant compte, époque oblige, de la musique en continu : c’est une chanson de la diva pop mondiale Shakira qui a comptabilisé le plus d’écoutes.

Mais ce gala, dans toute la visibilité de ses nouvelles fenêtres, aura su demeurer le point de rencontre des artisans de la chanson : c’est le prix remis à Ariane Moffatt pour son année de travail d’auteure-compositrice qui venait en deuxième par ordre d’importance dans le programme, juste après Stéphane Venne. Comme quoi l’empreinte culturelle est encore celle des chansons et de ceux qui les font.