Programmation de Pop Montréal : concerts au kilo

Le cofondateur du mythique Velvet Underground, John Cale, sera en spectacle au Rialto.
Photo: François Guillot Agence France-Presse Le cofondateur du mythique Velvet Underground, John Cale, sera en spectacle au Rialto.

Enfin, la programmation complète dévoilée ! Nous salivions déjà depuis le début de l’été lorsque l’équipe du festival POP Montréal avait annoncé les concerts de John Cale, Babyfather, Colin Stetson et Annette Peacock, entre autres artistes invités à cette 15e édition. Nous pouvons maintenant nous vautrer dans l’abondante récolte musicale de l’événement qui, du 21 au 25 septembre, occupera une trentaine de salles, bars et autres lieux incongrus pour diffuser toutes les musiques, jazz, rock, électronique, rap, avant-garde, et insuffler un dernier air de folie estivale à la ville avant l’arrivée de l’automne.

La programmation de la 15e édition du festival POP Montréal sera lancée ce soir au Théâtre Rialto, avec une de ces joyeuses fêtes dont les bonnes gens de l’organisation ont le secret. L’affiche est déjà détaillée sur le site Web de l’événement, www.popmontreal.com, mais c’est lorsqu’on a entre les mains la version papier du programme qu’on réalise l’ampleur de l’opération : il a du poids, ce catalogue de la pop de bon goût.

Plus léger

Et pourtant, elle paraît juste un peu moins lourde que par les années précédentes, non ? Dan Seligman, fondateur et directeur de POP Montréal, confirme : « Il y a moins d’artistes invités cette année… Je ne sais pas exactement pourquoi. Peut-être pour que ce soit plus facile de naviguer entre les soirées cette année ? »

Ça fait aussi partie de l’expérience POP Montréal : soigneusement tracer son itinéraire de quatre ou cinq destinations spectacles dans une même soirée. Les plus compliqués nous mènent du Théâtre Corona, dans Saint-Henri, au bar Le Ritz PDB, sur la rue Jean-Talon. Les meilleurs nous font entrer dans une petite salle de spectacle pour découvrir trois ou quatre artistes dont on n’a jamais entendu parler auparavant. Les gros noms en haut de l’affiche attirent l’attention, mais le plaisir est dans la découverte de nouveaux talents.

« Notre budget est un peu plus serré cette année, ce qui expliquerait en partie l’affiche allégée, ajoute Seligman, mais il y a aussi, je crois, le désir de trouver l’équilibre entre trop et juste assez de concerts. C’est difficile de trouver le juste nombre. Il est nécessaire d’avoir une grande sélection pour pouvoir bien utiliser toutes les salles disponibles et ainsi créer cette énergie particulière au festival. Cependant, en avoir trop, c’est risquer de diluer la qualité de la programmation. »

Sur papier, en tout cas, cet équilibre semble avoir été atteint. Quantité, toujours, qualité, surtout. Tout en haut de l’affiche, on note illico le nom du cofondateur du mythique Velvet Underground John Cale (22 septembre, Rialto), qui présentera notamment le matériel de son récent album M : FANS. Hâte aussi à la première sur scène à Montréal de Sorrow, superbe relecture de la 3e Symphonie de Gorecki par le saxophoniste Colin Stetson (23 septembre, Fédération ukrainienne). Dans un autre registre, curieux d’entendre l’énergumène Dean Blunt et son projet électro-provoc’ Babyfather (avec Kode9 à la S.A.T., 22 septembre).

Parmi les derniers concerts annoncés ce jeudi, une soirée sound-system jamaïcain des plus alléchantes, mettant en vedette le pionnier britannique Shinehead, l’un des premiers à fusionner le dancehall et le hip-hop à la fin des années 80, et le deejay jamaïcain Brigadier Jerry (22 septembre). La soirée de l’étiquette Jeunesse Cosmique pique la curiosité (21 septembre), on se réjouit du retour de Keith Kouna (avec Mon Doux Saigneur, 21 septembre), Leif Vollebekk jouera sur le toit du Rialto (22 septembre), et un Bluegrass BBQ gratuit aura lieu le 23 septembre avec Katie Moore, Lil’ Andy et Notre Dame de Grass, entre autres.

Seligman, de son côté, se frotte les mains d’avoir convaincu la grande compositrice, expérimentaliste et pionnière du synthétiseur Annette Peacock (25 septembre, Fédération ukrainienne).

« C’est une grande musicienne, grande pianiste et claviériste, qui a notamment collaboré avec [le bassiste jazz Gary Peacock, qui fut son mari]. Elle a aussi une connexion montréalaise via son ancien mari [le pianiste free-jazz] Paul Bley, donc j’imagine qu’elle a passé du temps ici. En plus d’être une femme très intéressante, elle se fait très discrète, alors c’est toute une chance de l’avoir auprès de nous. »


« Sweet sixteen »

Dernier détail, Dan : pour le 10e anniversaire, vous nous aviez offert un concert gratuit d’Arcade Fire sur la Place des Festivals. Or, vous ne faites pas grand cas de votre 15e anniversaire, pourquoi ? « C’est voulu. On prépare plutôt quelque chose pour notre 16e l’an prochain, une sorte de « Sweet Sixteen ». Disons que ça cadre mieux avec la personnalité du festival ! »

« À mes yeux, chaque édition se suffit en elle-même, dans le sens que nous n’avons pas de grand plan de développement à long terme, ajoute le directeur. On cherche plutôt l’opportunité de nous développer « organiquement », pour ainsi dire, comme avec la mise sur pied du Marché des possibles » qui, durant les beaux week-ends d’été, offre une programmation culturelle dans un petit parc près du boulevard Saint-Laurent, au sud du viaduc Rosemont.

« L’important est de demeurer près de la communauté, et c’est ce qui fait la force de POP Montréal, rester près des gens, près des musiciens, demeurer à l’affût des nouveaux groupes pour pouvoir tisser une programmation cool et intéressante qui rend heureux autant les journalistes que les jeunes fans de musique et les mélomanes expérimentés. »