Le piano à bretelles encore et toujours

Daniel Colin, Claire Elzière et Dominique Cravic, trois des nombreux musiciens invités par le festival
Photo: Source CMAM Daniel Colin, Claire Elzière et Dominique Cravic, trois des nombreux musiciens invités par le festival

Voilà déjà la 28e édition de ce festival unique qui donne ses titres de noblesse à tous les accordéons du monde et à ces porteurs de cultures qui se rencontrent du 1er au 5 septembre dans le centre-ville, près du fleuve ou à la polyvalente de Montmagny.

La majorité d’entre eux demeurent inconnus du grand public, mais plusieurs sont de véritables virtuoses. À titre d’exemple : Daniel Colin, Dermot Byrne, Daniel Mille, Sabin Jacques et Denis Pépin, qui partageront les scènes avec des artistes de musiques traditionnelles et classiques, de chanson française et de variétés internationales. Coup d’oeil avec le directeur Reynald Ouellet, lui-même excellent accordéoniste, qui sera du festival avec le Club Carrefour.

« On a toujours le même type de programmation au niveau des activités, mais ce sont les artistes qui changent, dit-il d’entrée de jeu. Cette année, il y a un petit thème Russie. Nous avons Anatoli Taran, un joueur de bayan qui a gagné le concours de Castelfidardo, et Misha Khlebnov avec Alina Khlebnova, deux jeunes musiciens de Novossibirsk, en Sibérie, un frère et une soeur d’une quinzaine d’années qui jouent le gamoshka, l’accordéon diatonique dans le système russe. » À ceux-là s’ajoute l’excellent duo Paris Moscou, qui porte très bien son nom.

Place de choix

Un autre thème non officiel du Carrefour est la présence de plusieurs directeurs de festival qui accordent une large place au piano à bretelles. Quelques-uns joueront, d’autres offriront des causeries. Y seront donc regroupés : Christian Riganelli, le nouveau directeur artistique du festival de Castelfidardo en Italie, Olivier Douyez, le directeur du festival à Mons, en Belgique, Jelena Milojevic, la directrice artistique du Festival international de l’accordéon de Victoria, et Patrick Lavaud, le responsable des Nuits atypiques en Sud-Gironde. Cette réunion indique aussi une partie de la vitalité de l’instrument dans un réseau international au sein duquel le Carrefour mondial occupe une place de premier plan.

 

Reynald Ouellet parle de quelques musiciens qu’il a invités : « Daniel Colin est l’un des détenteurs du style vraiment musette typiquement parisien. Il a fait partie de Paris musette et il est l’un des derniers à avoir connu Jo Privat. Il vient avec Dominique Cravic et Claire Elzière, qui va faire de la chanson française. Quant à Daniel Mille, il possède aussi à la perfection le répertoire musette, mais il fait plein d’autres choses : du jazz, des compositions… Son projet de musique avec Jean-Louis Trintignant qui lisait des poèmes d’Apollinaire était magnifique. »

Liberté aux artistes

Que présentera-t-il à Montmagny ? Reynald ne le sait pas. « Je n’impose jamais de répertoire aux musiciens. Je sais ce qu’ils peuvent faire, je les laisse aller. Je n’ai jamais été déçu et j’ai eu de bonnes surprises. Par exemple, Simon Thoumire, le joueur de concertina écossais, je savais qu’il jouait du répertoire de l’Écosse. Arrivé au Carrefour, il a fait de ça, mais, à un moment, c’est devenu de la musique contemporaine avec des dissonances. Finalement, il a eu une ovation. »

Comme chaque année, des artistes de la Bretagne, de la Catalogne et du Pays basque sont invités. Reynald les présente : « Yannig Noguet et Ronan Robert connaissent bien le répertoire breton, mais font aussi leurs compositions avec deux accordéons diatoniques. Laia Font et Elias Fernandez sont deux jeunes Catalans très représentatifs du mouvement de renouveau là-bas, alors que Maider Martineau vient du Pays basque français, mais je trouve que sa musique ressemble beaucoup à celle du côté espagnol. » À voir donc, tout comme l’Irlandais Dermot Byrne en trio, Le Bruit court dans la ville et tant d’autres.

Carrefour mondial de l’accordéon

À Montmagny du 1er au 5 septembre. Renseignements: 418 248-7927.