Mattempa, Éric Normand

« Aurais-je vécu dans l’obsession d’un pays perdu ? Alors, Seigneur, je te le dis : que le Diable m’emporte. » De ce Jacques Ferron dont on ne se lasse jamais a émergé une folle improvisation du compositeur rimouskois Éric Normand et de ses acolytes dans une oeuvre puissante et sensible. Vent, soupirs, mugissements de ce personnage-pays imaginé dans le récit ferronnien Gaspé-Mattempa inspirent des pièces mystérieuses et magnifiques que sont Le souffle, Baron Samedi et Morne. Le Verbe est là, il attend dans les silences ciselés à la perfection que le « Satan-Mattempa » se meuve, s’échine dans les basses électriques, se débatte dans les percussions, se perde dans le violon inquiétant pour mourir dans la crise cardiaque d’une clarinette possédée. Hommage à « l’empremier » musical — celui que fait la branche qui tombe quand personne n’entend —, le disque de Normand forge les beautés du bruitisme avec un talent indéniable.

Baron Samedi - Éric Normand

Mattempa

Expérimental

Éric Normand, Tour de Bras