Way Down in The Jungle Room, Elvis Presley

En février 1976, l’homme a encore un an et demi à vivre, mais il est déjà un peu mort. RCA veut du matériel neuf, Elvis n’a plus envie d’aller en studio, voire de sortir de ses murs ou de ses kimonos. Qu’à cela ne tienne, le studio viendra à lui : on s’installe en plein « jungle room » (la pièce à la déco africano-rococo de Graceland) et on enregistre. Des ballades. Tristes. Country, pop, qu’importe, Elvis ne veut chanter que des histoires d’esseulé désespéré, d’amoureux malheureux. Solitaire, de Neil Sedaka. The Last Farewell, de Roger Whittaker. Et d’autres, plus dures encore : Blue Eyes Crying in the Rain, I’ll Never Fall in Love Again, Hurt. Il faut insister pour qu’il tâte du rock : presque à corps défendant, il trouve du plaisir à For the Heart, Way Down. Mais Elvis souffre, ça s’entend. Écouter l’album supplémentaire de prises alternatives est poignant : chaque chanson, un sursis. Quarante ans plus tard, ce constat : la douleur survit à tout, même à la mort.


Elvis Presley - For The Heart (Take 4)

Way Down In The Jungle Room

Compilation

Elvis Presley, (RCA/Sony Legacy)