Panorama électronique

Le promoteur Evenko estime qu’environ 25 000 festivaliers convergeront tous les jours au parc Jean-Drapeau pour ÎleSoniq.
Photo: Eva Blue Le promoteur Evenko estime qu’environ 25 000 festivaliers convergeront tous les jours au parc Jean-Drapeau pour ÎleSoniq.

Les amateurs de rythmes électroniques seront gâtés cette fin de semaine alors que se tiendront deux événements d’envergure reflétant l’étendue du registre de cet univers musical : le massif et populaire festival ÎleSoniq d’Evenko, qui occupera la grande place du parc Jean-Drapeau avec ses têtes d’affiche d’envergure internationale Skrillex et The Chainsmokers, et du côté du Club Soda, la soirée Artbeat Montréal All-Stars qui réunira les plus visionnaires des architectes du beat hip-hop expérimental québécois. De tout pour (presque) tous les goûts.

ÎleSoniq, l’orgie électro

Pour une troisième année consécutive, ÎleSoniq transformera le parc Jean-Drapeau en immense plancher de danse à ciel ouvert, aujourd’hui et demain. L’affiche, rassembleuse — certains iront jusqu’à la qualifier de « commerciale » —, propose les pointures de l’Electronic Dance Music (EDM), du dubstep, du trap ou encore du house : les DJ montréalais Shaydakiss et A-Rock (samedi, 14 h), le duo EDM ontarien DVBBS (samedi, 20 h), le pionnier de la scène électronique montréalaise Tiga (20 h 55, samedi), et les têtes d’affiche The Chainsmokers (vendredi, 20 h), Zeds Dead (vendredi, 21 h), ZEDD (vendredi, 21 h 30, un premier gros concert à Montréal) et Skrillex (21 h 30, samedi).

 
Photo: Eva Blue Andrea à Île Soniq le 14 août 2015

Evelyne Côté, programmatrice principale d’ÎleSoniq, estime que le festival propose cette année l’affiche la plus équilibrée de sa courte histoire.

« Contrairement à Osheaga, ÎleSoniq est un festival qui devait rapidement trouver son public, et c’est ce qui est arrivé. Lorsqu’on a lancé l’événement, nous étions dans l’air du temps, l’EDM ayant atteint une importante popularité. Or, trois ans plus tard, nous avons tout de même dû adapter la programmation aux tendances de cette scène musicale. Je crois que cette année, nous avons réussi à développer plus en profondeur les niches », proposant un vendredi sous le signe de l’EDM avec Zeds Dead et les Chainsmokers, et un samedi entre house, tech-house et trap.

L’ambiance est tout autre à ÎleSoniq qu’à Osheaga, assure la programmatrice. D’abord, l’équipe de production promet d’en mettre plein la vue aux festivaliers : les trois scènes requises pour le festival ont été complètement remodelées, avec d’imposants systèmes d’éclairages, éléments de décors et autres écrans LED. Ensuite, l’événement n’attire qu’une minorité — « autour de 20 % » — de festivaliers de l’extérieur de la province, contrairement aux 65 % de visiteurs qui constituent l’assistance d’Osheaga.

« On reçoit beaucoup de gens des régions, des rives nord et sud de Montréal, qui n’ont pas toujours le temps ou l’occasion de sortir dans les clubs de la métropole et qui profitent du festival pour faire le plein de musique électronique. » Evenko estime qu’environ 25 000 danseurs, majoritairement âgés de 18 à 24 ans, convergeront tous les jours vers le parc Jean-Drapeau.

Rencontre au sommet

Point culminant de la Grosse Semaine, série de concerts et de conférences sur la scène hip-hop québécoise, la soirée Artbeat Montréal All-Stars de ce vendredi soir, 19 h, au Club Soda, prend la forme d’une véritable convention du beat expérimental québécois. Plus d’une vingtaine de compositeurs, DJ et rappeurs se relaieront sur scène pour célébrer la créativité des talents locaux et applaudir le retour des soirées Artbeat qui, de 2011 à 2014, ont servi de rampe de lancement pour les carrières des Kaytranada, High Klassified, Shash’u et autres étoiles du rap instrumental montréalais.

« C’était ça, l’idée derrière les soirées Artbeat : devenir le lieu de rassemblement d’une communauté de musiciens qui partagent les mêmes intérêts pour la production musicale, l’exploration sonore et la composition de rythmes, raconte Marc Dib, cofondateur des soirées Artbeat. Dans l’esprit, tout ce qui unit ces musiciens, c’est leur amour du hip-hop, peu importe de la manière dont celui-ci s’exprime, notamment par des musiques électroniques. Tous les artistes de cette scène partagent aussi une ouverture musicale qui leur permet de s’exprimer au-delà des cadres ou des codes typiques de la scène rap. »

C’est aux soirées Artbeat qu’est née l’étiquette « piu-piu » qui a longtemps caractérisé le travail des KenLo (d’Alaclair Ensemble), j.u.d. (Foreseen Ent.) ou encore ToastDawg, auteur des remarquables albums Brazivilain. Après avoir fait une pause de près de deux ans, les organisateurs de l’événement reviennent en force avec « la plus grosse soirée qu’on ait mise sur pied, qui témoigne de la force et de la vitalité de cette communauté. »

Au programme, le retour des Tables rondes — sorte de jeu de chaise musicale durant lequel se relaieront DJ et performeurs —, entrecoupées de performances spéciales de Brown, Wasiu et Rowjay. Les rappeurs Robert Nelson, Osti One et Markings agiront comme maîtres de cérémonie, de 19 h à minuit.

Les plus grands noms de la scène du beat expérimental prendront part à cette soirée hors de l’ordinaire… sauf son plus grand ambassadeur, Kaytranada, qui a appris son métier en côtoyant les collègues aux soirées Artbeat. « C’est vrai que son nom n’apparaît pas sur l’affiche… Disons qu’on promet plusieurs surprises durant la soirée », confie Marc Dib, sourire en coin.

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