Trois jours, cinq découvertes

Le 11e festival Osheaga aura lieu de vendredi à dimanche au parc Jean-Drapeau.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le 11e festival Osheaga aura lieu de vendredi à dimanche au parc Jean-Drapeau.

Un conseil : toujours porter attention aux petits caractères… surtout ceux au bas d’une affiche comme celle d’Osheaga. Ce sont eux qui dissimulent les plus belles découvertes musicales qu’on puisse faire en trois jours — nous en avons choisi cinq.


SOPHIE Vendredi, 16 h, scène Piknic Électronik


Proposition inusitée que celle de Samuel Long, producteur et remixeur britannique qui a confondu la planète électro en dissimulant son travail derrière un simple prénom féminin. D’abord associé à l’étiquette électro-pop conceptuelle PC Music, il a lancé un premier album, Product, sur l’étiquette écossaise Numbers (Rustie, Hudson Mohawke, Jamie XX). On qualifie sa pop électronique d’« hyperactive » : éclatante, vitaminée, caractérisée par des échantillons de voix accélérés, elle a été mise à profit par Madonna et Charli XCX et l’idole de la pop japonaise Kyary Pamyu Pamyu, qui ont toutes posé leur voix sur ses productions. Ce que ça donnera sur scène ? À découvrir.


Låpsley Vendredi, 21 h, scène des Arbres

 

Pendant que pleuvront les succès des Red Hot Chili Peppers sur la scène principale, les festivaliers à la recherche d’un peu de calme prendront la direction de la scène des Arbres pour découvrir la jeune Britannique Holly Lapsley Fletcher, recrue de la maison de disques XL Recordings, label d’Adèle avec qui elle partage une affection pour la chanson pop romantique grand public. Révélée grâce à un EP enregistré dans sa chambre à coucher et déposé sur SoundCloud, elle a offert plus tôt cette année un premier album, Long Way Home, de synth-pop cajoleuse, bien exécutée, mais sans grand éclat non plus — rien pour la distinguer des Milk Bones ou Ibeyi de ce monde. On ira donc voir de quel bois se chauffe cette artiste qui, à 19 ans, n’en est encore qu’à ses débuts.

 
July Talk Samedi, 14 h 30, scène de la Rivière

 

Les Black Keys font une pause, Jack White se préoccupe d’être le premier homme à jouer du vinyle dans l’espace, comment alors rassasier sa soif de gros blues-rock sale en ces temps de disette ? Arrivant de Toronto à notre rescousse, le quintette July Talk devrait présenter à Osheaga les chansons de son second disque, Touch, attendu le 9 septembre prochain. La formule est connue et éprouvée, mais elle est toujours aussi efficace : de gros riffs à réveiller les fantômes de la musique blues, un rock vaguement garage qui canarde les tympans et une attitude dévergondée ici caractérisée par le mariage entre la voix graveleuse du chanteur et guitariste Peter Dreimanis et celle de l’envoûtante chanteuse (et actrice) Leah Fay.

 
Le Matos Dimanche, 13 h, scène Piknic Électronik

 

Constitué de Jean-Philippe Bernier, de Jean-Nicolas Leupi et de Vincent Ménard, le groupe montréalais Le Matos s’est illustré depuis quelques années déjà sur la scène beat–hip-hop–électronique locale en tant que producteurs et remixeurs (pour Coeur de pirate et Electric Youth, entre autres), puis grâce à la sortie d’un premier album, Join Us, paru il y a trois ans. Pour sa performance à Osheaga, on s’attend à danser sur la musique originale du film de genre québécois Turbo Kid, qu’ils ont composée, remixée puis éditée sur un disque intitulé Chronicles of the Wasteland, divertissant voyage dans le bon vieux temps des trames sonores synthétiques de John Carpenter et Giorgio Moroder, assaisonné avec les rythmes d’aujourd’hui.

 
Skepta Dimanche, 16 h 55, scène Verte

 

Les amateurs de hip-hop sont bien servis par cette 11e édition d’Osheaga, alors qu’en plus des étoiles locales Dead Obies et Koriass, on pourra hocher de la tête sur les rythmes de Post Malone, de Future, du Torontois Jazz Cartier et de l’excellent Vince Staples (à 21 h vendredi, scène de la Vallée, ça va être chaud !), entre autres. On vous invite surtout à ne pas louper la rare visite de Skepta, héraut du grime, la version britannique du rap se distinguant par une rythmique très différente de celle du rap à l’américaine, héritée de l’UK Garage et du dancehall jamaïcain. Le vétéran de cette scène musicale vient d’offrir son quatrième album, l’épatant Konnichiwa, remettant par ce seul effort le grime au-devant de la scène musicale britannique — la liste des nominations pour le prestigieux prix Mercury n’a pas encore été dévoilée, mais gageons que cet album partira parmi les favoris.

 

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