Nicolas Pellerin: le swing, le groove et la délicatesse

Nicolas Pellerin (au centre) est porte-parole de Mémoire et Racines. Son groupe, les Grands Hurleurs, a fait paraître l’album «¾ fort» à l’automne.
Photo: Simon Ménard Nicolas Pellerin (au centre) est porte-parole de Mémoire et Racines. Son groupe, les Grands Hurleurs, a fait paraître l’album «¾ fort» à l’automne.

Cette fin de semaine marque la présentation du 22e festival Mémoire et Racines, un happening très convivial de musique acoustique qui se déroule sur le site enchanteur du parc Saint-Jean-Bosco à Saint-Charles-Borromée, aux abords de la rivière l’Assomption. La programmation y est relevée : John Carty, Arty Mcglynn et Matt Molloy, Kongero, Pete Sutherland et autres sur le plan international ; De Temps antan, Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs, Maz et Vishtèn du côté québécois ou acadien, en plus d’une impressionnante flopée d’artistes moins connus, dont certains qui viennent de Lanaudière. Nicolas Pellerin, qui est aussi le porte-parole de Mémoire et Racines, en parle avec enthousiasme.

« C’est Mémoire et Racines, c’est la magie qui opère. Il y a la programmation officielle, mais aussi tout le côté improvisé du festival, les jams après les spectacles, qui est sa marque de commerce. Les gens y vont même s’ils ne connaissent pas les groupes. » Nicolas a découvert Mémoire et Racines en commençant à apprendre le violon, ce qui lui a donné le goût de s’inscrire au cégep de Joliette.

Cette année, Charlois et gens de l’extérieur découvriront une riche programmation internationale : « Ils veulent ouvrir là-dessus, poursuit le grand hurleur. Le groupe de femmes Kongero est un peu le pendant de Galant tu perds ton temps en Suède. La Montréalaise Mamselle Ruiz va détonner avec sa musique d’inspiration mexicaine, mais elle va amener une belle couleur. Et le trio irlandais, on est chanceux d’avoir ces légendes. » En effet, on parle ici de Matt Molloy des Chieftains, Arty McGlynn qui a joué notamment avec Planxty et De Danann, et le superbe multi-instrumentiste John Carty.

Et la relève ? Nicolas en présente quelques-uns : « Il y a d’abord les Lanaudois : La Grande Déraille, Les Campagnards et le groupe Tu m’en diras tant ! qui est composé de deux gars et deux filles. Cela amène une petite touche féminine. Puis Jordan Bélanger, un jeune d’une quinzaine d’années qui va devenir une référence dans le violon trad ,et le groupe É-T-É qui apporte un son nouveau par l’utilisation du violoncelle dans le trad. »

De son côté, Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs ont fait paraître à l’automne dernier ¾ fort, un disque magnifique entre le swing traditionnel, le groove et la délicatesse des chansons. Empreint de reel-folk, de folk de chambre, d’inflexions manouches, de blues et bluegrass, de complainte atmosphérique, d’airs bretons et même d’une touche électro-trash, le disque est marqué par un remarquable travail d’arrangements de cordes.

Et depuis octobre dernier, un nouveau musicien s’est joint au trio, non le moindre : le guitariste-mandoliniste Stéphane Tellier, qui s’est fait connaître entre autres au sein de Blues Gitan et de Rouge Tzigane.

« C’est un autodidacte, mais un grand virtuose, dit Nicolas. C’est pas un tradeux, il a plus touché au jazz, au blues et au manouche. Il nous amène une sonorité éclatée, ce qui laisse plus de place à Simon Lepage à la basse. Il n’a pas le strumming de la guitare irlandaise à la John Doyle, et son accompagnement peut même ressembler au piano. Il est un grand improvisateur autant à la guitare qu’à la mandoline. Des fois, ça nous déstabilise, mais dans le bon sens du terme. » Aux Francos, le trio a offert une performance de très haut niveau entre le chant de tendresse et l’énergie sauvage.

Festival Mémoire et Racines

Au parc Jean-Bosco à Saint-Charles-Borromée, du 29 au 31 juillet Renseignements : 1 888 810-6798, memoireracines.org. Nicolas Pellerin et les Grands-Hurleurs avec Pete’ Posse, Mamselle Ruiz et Vishtèn sur la scène Gilles-Cantin, samedi 30 juillet à compter de 19 h.