1948, Érick d’Orion et Martin Tétreault

Pierre Schaeffer, père de la musique concrète, disait qu’il souhaitait que « les choses se mettent à parler d’elles-mêmes, comme si elles nous apportaient le message d’un monde qui nous serait inconnu ». C’est tout à fait dans cette optique que s’inscrit l’oeuvre d’Érick d’Orion et Martin Tétreault, 1948. Les deux artistes semblent suivre les rayures des disques en vinyle d’une autre époque pour refaire circuler les émotions dans des veines jamais taries. Graffignures sur des lignes du temps, ambiances magnétisantes, ruissellements de sons magnifiques, voix d’enfants-robots d’outre-tombe, l’opus dans son ensemble fait sourire autant que pleurer. Des larmes coulent sur les joues inquiétées par certains détours impressionnants, notamment dans Par-delà. Dans Rundfunk, on sent carrément les doigts bidouillant, l’oeuvre qui prend forme dans des moments heureux d’improvisation. 1948 est à écouter du début à la fin, sans interruption ni mode aléatoire. Sous le casque d’écoute, un voyage sonore mystique et sensible qui remonte la source des rêves latents.


Érick d'Orion et Martin Tétreault - Rundfunk

1948

Vitrine

Érick d’Orion et Martin Tétreault, Kohlenstoff Records