Opération séduction sous un ciel gris

Retour attendu et tout en douceur pour Avec pas d’casque au festival le Festif
Photo: Francis Gagnon Retour attendu et tout en douceur pour Avec pas d’casque au festival le Festif

La météo se présentait sous de mauvais augures, mais il aura suffit de quelques notes d’Avec pas d’casque pour que le Festif prenne son bel élan pour la fin de semaine, et sur des airs de Folk pour lancer le bal.

Il était à peine midi, heure de festival, lorsque la bande de Stéphane Lafleur est montée sur la petite scène dressée sur le quai de Baie-Saint-Paul avec, en guise de décor d’arrière-scène, le Saint-Laurent et l’Île-aux-Coudres.

Retour attendu et tout en douceur pour Avec pas d’casque, qui a enchaîné les pièces connues et saluées par la petite foule familiale, tout y ajoutant quatre morceaux du disque Effets spéciaux, à paraître en septembre. Des indices que, dans la continuité, le groupe poursuit sur une belle lancée.

Au moment où le soleil se pointait finalement, entre quelques amoncellements de nuages gris, Stéphane Lafleur exprimait ainsi, humblement et avec humour, ses craintes quand au fait de présenter de nouvelles compositions : « C’est comme sortir de chez le coiffeur et se demander si les gens remarquent notre nouvelle coupe. En fait, tout le monde le remarque, mais personne ose dire quelque chose, de peur de nous vexer. »

Un très beau coup d’envoi pour cette septième édition du Festif, surtout que dans la brise parfois soutenue, le vent qui entrait dans les micros donnait des airs de « vieux vinyle » à l’ensemble. Personne ne s’en est plaint. Ici, les éléments font partie de la magie.

Le succès Half Moon Run

Si Avec pas d’casque a mis la table, la suite était à l’avenant. D’abord avec The Barr Brothers, groupe fondé par des Montréalais d’adoption, et un peu par hasard.

Ici, on voyage dans les pièces qui planent doucement, toujours dans des accents de musique Folk et Indie. Le groupe, qui a su se débrouiller malgré la sonorisation souvent boiteuse et la chaleur suffocante du chapiteau sous lequel il se produisait, aurait peut-être aimé être ailleurs, tant la foule parlait haut et fort durant tout le spectacle. C’est à peine si le plus gros hit, Beggar in the Morning, aura su capter suffisamment l’attention.

On aurait plutôt vu les Barr Brothers partager la même scène que Half Moon Run, qui a eu droit à la plus grande des 15 scènes de Baie-Saint-Paul, devant laquelle au moins 3000 personnes étaient amassées vendredi en soirée.

Tout un succès, peut-être le plus gros de l’histoire du Festif, que ce spectacle particulièrement réussi, énergique et franchement stupéfiant du groupe montréalais qui marche résolument dans les traces profondes et inspirées d’Arcade Fire, notamment pour leur pièce bien connue Call Me in the Afternoon.

Un quatuor scénique qui a également pris acte de l’oeuvre de Radiohead, au point de leur faire quelques emprunts pour le moins évidents. Et même si sur disque, le tout sonne parfois très lisse, sur scène, le son prend du galon. La foule en redemandait, conquise, entre deux séances de « body surfing ».

Les « imprévisibles »

Sinon, en rafale, on salue la belle fête nocturne offerte par Yves Lambert, qui a eu droit à une foule de jeunes fêtards qui ont dansé leur vie sur cette musique traditionnelle qui ne prend pas une ride, lorsqu’offerte en festival au beau milieu de la nuit festive qui s’étire.

On souligne aussi la belle trouvaille des « imprévisibles », qui nous a donné vendredi un Keith Kouna juché dans des escaliers, dans une ruelle du centre-ville. Samedi, d’autres spectacles du genre sont prévus. Ils sont annoncés à peine une heure à l’avance et se tiennent dans des lieux pour le moins inusités de Baie-Saint-Paul. Selon nos sources, on nous promet même un spectacle qui sera donné directement sur le comptoir de l’Accommodation.

Samedi, on prévoit aussi de la musique de rue, mais aussi Canailles, La famille Ouellette, Yann Perreau, Dumas, Dj Champion et Ariane Moffatt, entre autres. Et le soleil est déjà résolument au rendez-vous.