Qw4rtz, l’humour à quatre

Qw4rtz est composé de quatre chanteurs de formation classique, le contre-ténor Louis-Alexandre Beauchemin, la basse François «FA2» Dubé, le ténor François Pothier Bouchard et le baryton Philippe C. Leboeuf.
Photo: Qw4rtz Qw4rtz est composé de quatre chanteurs de formation classique, le contre-ténor Louis-Alexandre Beauchemin, la basse François «FA2» Dubé, le ténor François Pothier Bouchard et le baryton Philippe C. Leboeuf.

Qu’ont en commun Maxime Landry et Whoopi Goldberg ? Tous deux ont eu en première partie de leur spectacle le groupe trifluvien Qw4rtz. Composé de quatre chanteurs de formation classique, le ténor François Pothier Bouchard, le contre-ténor Louis-Alexandre Beauchemin, le baryton Philippe C. Leboeuf et la basse François « FA2 » Dubé, cet ensemble spécialisé dans le chant a cappella donne également dans l’humour.

« On est soit des humoristes qui chantent a cappella, soit des chanteurs a cappella qui font de l’humour. Ça nous convient parfaitement d’être le mélange des deux », affirme François Pothier Bouchard au téléphone. « La raison pour laquelle on est arrivé là, c’est grâce à notre rencontre avec Serge Postigo, qui nous a pris un peu dans la rue alors qu’on n’avait pas de spectacle ni d’agent. Le coup de coeur a été mutuel. »

Très tôt le metteur en scène a fait comprendre aux quatre camarades qu’un spectacle de chant a cappella où l’on se contente de présenter les chansons les unes après les autres pouvait devenir plutôt lassant. À la première réunion du groupe, FA2 avait apporté des tartes au citron. Serge Postigo a alors annoncé que le processus créateur venait d’être déclenché. C’est ainsi qu’est né leur numéro le plus déjanté et le plus populaire : Sexy Sound Kitchen.

« On a commencé à déconner sur l’idée d’un numéro de cuisine en disant qu’il y avait beaucoup trop d’émissions de cuisine à la télé », se souvient le ténor. « On s’est dit qu’on intégrerait ce que les gens aiment le plus dans notre société moderne au Québec : la cuisine, le chant a cappella et le sexe ! On chante alors des trucs sucrés et très sexy, comme du Marvin Gaye et du Barry White, derrière un comptoir d’où l’on sort des oeufs, de la farine, de la crème… Ce numéro est à notre image : c’est très niaiseux et musicalement très précis. »

Si le chant a cappella est un art vieux de plusieurs siècles, certains spectateurs croient découvrir quelque chose de nouveau en assistant à un numéro de Qw4rtz. D’autres n’arrivent même pas à croire que tout ce qu’ils entendent est purement le produit de quatre voix.

« Ça me surprend chaque fois de voir que les gens croient que c’est de la magie. Il y en a qui sont persuadés qu’on a des bandes sonores. Des émissions comme Glee ou des films comme Pitch Perfect nous ont beaucoup aidés à faire comprendre aux gens ce qu’on fait parce que, depuis les débuts du groupe, on se bat contre l’image du barbershop, ce qu’on n’est pas du tout ! »

D’ailleurs, dans le numéro d’ouverture, tous les quatre annoncent qu’ils ne sont pas non plus Il Divo, ni La bande magnétique, ni Les Charbonniers de l’enfer, ni Pentatonix, tout en chantant dans le style de chaque groupe. Sans pour autant imiter qui que ce soit. Et s’il y a de l’humour, il y a aussi de l’émotion, comme lorsqu’ils reprennent Hallelujah de Leonard Cohen ou des chansons de Vigneault — que l’on devrait retrouver sur leur premier album prévu pour novembre.

« Le spectacle n’a jamais arrêté d’évoluer, en fait. On est un peu des workaholics ; il y a tout le temps de nouveaux arrangements, des modifications. Il y a des numéros forts qui restent, des numéros gagnants. Normalement, notre spectacle dure environ deux heures avec entracte. Là, on a gardé la crème du spectacle : 70 minutes sans pause de tout ce qu’on pense être le plus punché, le plus humoristique, parce que c’est quand même présenté au festival Juste pour rire », promet François Pothier Bouchard.

Qw4rtz

Mise en scène de Serge Postigo. À la Cinquième Salle de la Place des Arts les 22 et 23 juillet