Rouyn-Noranda comme un tremplin

Les Goules sont parmi les artistes qui se produiront au Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue.
Photo: Jay Kearney / Facebook Les Goules sont parmi les artistes qui se produiront au Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue.

Le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue annonçait mercredi la programmation de sa 14e édition, qui inclura parmi les meilleurs noms de la musique alternative, comme Plants and Animals, Groenland, Les Goules, Fred Fortin et Avec pas d’casque. Et pourtant, le nouveau directeur général de l’événement qui s’ébranlera à Rouyn-Noranda du 1er au 4 septembre ne pouvait pas trop s’étendre sur le sujet. C’est que le Belge Olivier Leidgens, à peine installé dans la capitale du cuivre, vient tout juste d’entrer en poste.

Le Liégeois a été contacté par le conseil d’administration du FME, qui voulait ouvrir davantage l’événement abitibien au reste du monde, particulièrement à l’Europe francophone. Leidgens avait le curriculum parfait pour le boulot, lui qui a travaillé de l’autre côté de l’Atlantique comme chargé de projet, responsable des commandites et conseiller en communication et en organisation. Parmi ses employeurs ou clients, on note les Francofolies de Spa, les Francofolies de Kinshasa et le Grand Prix de Formule 1 de Belgique.

« Le FME évolue déjà dans cette ère, dans cette logique internationale », souligne Leidgens, rappelant que l’événement fait partie de la fédération internationale de festivals De Concert ! et invite déjà des dizaines de « professionnels » du milieu de la musique d’outre-mer ainsi que des journalistes étrangers. Mais comme il navigue dans ces eaux européennes depuis une quinzaine d’années, il croit pouvoir créer encore plus de ponts.

Une vitrine

« Le but du festival est de programmer des artistes canadiens, québécois, de les montrer à un maximum de journalistes d’ici ou d’Europe francophone, et que ces concerts donnent lieu à des tournées, à des spectacles, à des signatures avec des agents, des managers, sur l’Europe. » Rouyn comme un tremplin, quoi.

S’il a déjà visité Rouyn en mars dans le cadre du petit frère du FME, Quartiers d’hiver, Leidgens n’a jamais assisté au festival. « Et je crois que c’est un atout pour moi. Oui, c’est plus difficile de parler d’un événement qu’on n’a pas vécu, mais c’est intéressant aussi d’avoir ce pas de recul et d’en prendre un de côté par rapport aux choses “que l’on a toujours faites comme ça”. »

Olivier Leidgens n’arrive pas à la tête d’un événement en difficulté, puisque le FME attire des foules et que le navire vogue sans trop de vagues. Pas question, donc, de serrer la vis. « Je vais voir où je peux amener mon expérience, observer ce qui est peut-être à transformer, ou à améliorer. »

Tout de même, il sait d’expérience que les festivals ne peuvent plus se contenter de monter une bonne programmation. « Regarder un concert avec une bière en main, ce n’est plus vraiment ce que les gens veulent vivre. Sur ce point, le FME est déjà très en avance, mais je vais voir s’il y a des choses qui doivent être poussées, si on peut innover pour rendre cette expérience FME encore plus forte. »

Hip-hop et électro

Cette année, le FME a mis l’accent sur le hip-hop et l’électro. Chacun des styles aura deux soirées dédiées, le double de la routine des dernières années. « Ce public qui est plus jeune, qui est peut-être la relève du FME, il mérite qu’on lui offre un petit peu plus de place pour s’exprimer », croit Leidgens.

Parmi les artistes de la programmation, mentionnons entre autres We Are Wolves, Laurence Nerbonne, Koriass, Dead Obies, Half Moon Run, Paupière, Les soeurs Boulay, Samito, les Belges de Dan San et les Barr Brothers. Détails sur le site du festival, au www.fmeat.org.