Archer et la complainte du vagabond

Émule de Woody Guthrie et du blues des années 1930 et 1940, Archer est à placer dans une catégorie à part.
Photo: FEQ Émule de Woody Guthrie et du blues des années 1930 et 1940, Archer est à placer dans une catégorie à part.

Il vit en partie dans une caravane, sauve des kangourous pour gagner sa vie et chante avec une voix qui semble avoir mille ans. Émule de Woody Guthrie et du blues des années 1930 et 1940, le chanteur australien Archer est assurément à placer dans une catégorie à part.

« Is it the mooorning ovedèèèèère ? » lance-t-il dans le téléphone avec un accent australien complètement désarçonnant. L’auteure de ces lignes n’avait pas fini d’être déstabilisée…

Quand on lui parle de sa voix caverneuse et du vieil homme qui semble vivre en lui, il répond en parlant des étoiles. « Je ne sais pas. Parfois, vous regardez les étoiles et tout semble intemporel… Je ne sais pas. Je ne suis pas sûr. Je ne sais pas si on devient poussière ou si on se réincarne en fourmis. Si on va au paradis. Je ne suis pas sûr de ce qui arrive. »

Simples au possible, ses complaintes se résument la plupart du temps à un duo de voix et guitare dont chaque note vibre intensément. L’univers d’Archer est lent, quasi intemporel. L’artiste, qui se décrit lui-même comme un vagabond, puise son inspiration dans le blues américain des années 1930 et les racines du country australien.

Le déclic

« Je chantais tout le temps quand j’étais enfant. J’ai entendu un disque de Lead Billy quand j’étais assez jeuneet aussi du Woody Guthrie. Puis, il y a eu ce vieux vagabond qui m’a dit qu’il avait composé une chanson intitulée Hobo’s lullaby et je l’ai apprise de lui… Un peu plus tard, j’ai appris que ça avait été écrit par Goebel Reeves et que Woody Guthrie l’avait jouée. Pourquoi j’ai choisi ce style de musique ? Je ne sais pas. Peut-être que je n’ai juste pas assez de talent pour faire du jazz. »

Son répertoire est surtout constitué de compositions, mais il interprète aussi à l’occasion des airs traditionnels australiens.

Protéger les kangourous

En plus de gratter la guitare, il travaille pour un refuge de kangourous. « Les animaux ne comprennent rien aux routes. Ç’a été très sec en Australie ces dernières années et souvent l’herbe et la nourriture sont de l’autre côté de la route. Beaucoup de kangourous meurent heurtés par un véhicule et leur dernier geste consiste à protéger leur bébé dans leur poche. Souvent les bébés survivent. Au refuge, on passe la nuit debout à les nourrir et des trucs comme ça. »

Il a moins de choses à dire sur ces ambitions comme artiste. « J’ai peut-être des rêves en tant que personne. J’aimerais voir la fin de l’avarice et de l’égoïsme chez l’humain. Peut-être jouer à certains endroits. Jouer au Québec, ce serait bien ! »

C’est la première fois qu’il vient jouer au Canada. Il dit qu’il a jeté un coup d’oeil à une carte du pays et « s’est émerveillé de sa beauté ».

Jouera-t-il tout seul ou aura-t-il du soutien à la basse et à la lap-steel ? « Je serai probablement seul au Canada, mais on ne sait jamais, peut-être que je vais rencontrer quelqu’un ! »

À cause de la longue distance entre le Québec et l’Australie, nos questions rebondissent sur ses réponses. Le chanteur est hilare. De toute évidence, rien ne peut stresser ce perpétuel voyageur. « Je suis vraiment bon pour me creuser un trou, m’asseoir dedans et ne rien faire. »

Le simple fait de lui parler est un dépaysement. Sa musique, elle, nous emmène pratiquement sur une autre planète.

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Archer

À 19 h au parc de la Francophonie (avant Tire le Coyote et The Decemberists).