Un album comme un panorama

«On fait partie de ces musiciens qui ont encore envie de faire des albums où chaque chanson est aussi importante que celle qui la précède, et pas de faire juste des “singles”», dit Dan San.
Photo: Gilles Dewalque «On fait partie de ces musiciens qui ont encore envie de faire des albums où chaque chanson est aussi importante que celle qui la précède, et pas de faire juste des “singles”», dit Dan San.

Il y a de ces albums carte postale où le meilleur est concentré en une ou deux photos fortes que l’on peut envoyer à son public. Et il y a des albums panoramiques, qui se vivent comme de longs moments passés devant un paysage grandiose, qui intéressent sur 360 degrés. Le disque Shelter, des Belges du groupe Dan San, est de la seconde catégorie. Leur minitournée québécoise s’arrête ce mardi au Festival d’été de Québec et mercredi au Divan orange à Montréal.

« On fait partie de ces musiciens qui ont encore envie de faire des albums où chaque chanson est aussi importante que celle qui la précède, et pas de faire juste des singles, raconte le chanteur du groupe, Thomas Médard. Pour nous, la notion d’album et la notion de continuité dans un album sont très importantes. »

C’est ce qui ressort de Shelter, deuxième disque du groupe, qui a trouvé son chemin jusque sur nos tablettes québécoises grâce à l’étiquette Simone Records (Louis-Jean Cormier, Marie-Pierre Arthur, Dear Criminals). Sur une chanson folk-pop en anglais, on survole les grands espaces nord-américains, et chaque chanson possède à la fois une identité propre et une appartenance à un tout sonore. Dan San livre une musique ronde, chargée mais légère, cinématographique mais pas déconnectée.

« Sur notre premier disque, Domino, il y avait des changements de rythmes et d’atmosphères dans une même chanson, il y en avait des fois deux ou trois qui se cachaient dans une pièce, c’était au fond des pièces à tiroir, rigole Médard au bout du fil. Et là, on est revenu sur Shelter à des chansons plus simples, donc plus travaillées. »

Le disque, réalisé par Yann Arnaud (Air, Phoenix, Syd Matters), a été enregistré au studio La Frette, près de Paris, un lieu plutôt ancien bourré d’équipement en tout genre, dont une vieille console qui a fait le bonheur de Dan San. Thomas Médard souligne même que plusieurs Canadiens y ont enregistré de la musique, dont Chilly Gonzales et Patrick Watson, « qui a fait son magnifique album Wooden Arms là-bas ».

Du Patrick Watson, on peut d’ailleurs en entendre un peu dans la musique de Dan San. Ça et du Grizzly Bear, du The National aussi. « Oui, ce sont des groupes que l’on écoute beaucoup, et la majorité de la musique qu’on écoute vient d’outre-Atlantique. Et Grizzly Bear, The National, ce sont des groupes qui font des albums très denses, qu’il faut réécouter, réécouter. Et où toutes les chansons deviennent nos favorites à un certain moment d’écoute, parce qu’elles sont toutes riches et pleines de substance. »

Dans les textes et la musique, l’Amérique se décrypte un peu partout dans Shelter. Médard évoque les paysages dont on ne voit pas le bout, les canyons, les grandes vallées. « C’est quelque chose qui nous passionne assez, parce qu’on a pas ça chez nous. La Belgique, c’est vraiment un petit pays. Il y a beaucoup de forêts, de nature, mais on n’a pas de paysage à perte de vue, cette notion de perte d’équilibre tellement c’est vaste et grand. On le fantasme un peu. »

Sur les planches, Dan San a la volonté de reproduire l’univers du disque, mais avec un éclairage neuf. « Les chansons sont beaucoup plus énergiques en live, parce qu’on a quand même envie d’offrir un vrai concert, qui a ses moments intenses. Et t’as des chansons qu’on a décidé de jouer totalement acoustiques. On essaie de donner au spectacle pas mal de relief. » Du relief, encore un fantasme des gens du plat pays ?

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Dan San

À Québec au Coeur du FEQ, mardi 12 juillet, 17 h. Gratuit. À Montréal au Divan orange, mercredi 13 juillet, 21 h 30. Avec Les Louanges et Valérie Poulin.