Coeur de Pirate et la valse de ses invités

Coeur de pirate
Photo: Francis Vachon Le Devoir Coeur de pirate

Le Festival d’été de Québec avait confié dimanche une carte blanche annuelle à Coeur de Pirate, lui offrant par le fait même les plaines d’Abraham. C’était le premier de deux concerts en français sur la grande scène, Fred Pellerin y montant jeudi soir. Béatrice Martin, qui a attiré l’attention après la fusillade à Orlando en se déclarant queer, avait invité sa nouvelle flamme Laura Jane Grace, mais aussi Alex Nevsky, Milk&Bone, Les Trois Accords et Loud Lary Ajust.

« Jamais de ma vie je ne pensais vivre ça », a lancé, aussi émue que nerveuse, la chanteuse devant la foule des Plaines. Essentiellement, Coeur de Pirate, vêtue d’un justaucorps en paillette et d’une cape en voile translucide, a rajouté quelques couches à sa nouvelle formule scénique beaucoup plus physique — elle danse, joue debout devant son piano. Pendant une grande partie de la soirée, ce n’était pas une grande fête musicale rebondissante et éclatante, mais plutôt un concert avec plus de textures et de mouvements que d’habitude. La seconde partie aura toutefois été plus dynamique.

Côté visuel, l’oeil a été stimulé de différentes façons. Si les projections d’eaux troubles et de colombe en vol n’étaient pas du meilleur goût, les Ballets Jazz de Montréal ont joliment accompagné Coeur de pirate le temps de quelques titres. Par moments, elle a elle-même accompagné les danseurs dans leurs chorégraphies. La soirée, soulignons-le, était mise en scène par Nico Archambault.

Après un début « classique », c’est Nevsky qui le premier est venu partager la scène avec Béatrice Martin, le temps de Pour un infidèle ainsi que pour la nouveauté du beau brummel en chandail Lacoste, Polaroïd, aussi accrocheuse que Les coloriés.

Les invités suivants, répartis au fil de la soirée, ont repris la formule « on fait ma chanson, puis ta chanson ». Milk&Bone, discret sur Cast Away, a offert une version douce de leur sensuelle Pressure. Les rappeurs de Loud Lary Ajust ont (enfin) fait lever l’énergie avec leur bonne XOXO (intenses jets de fumée en prime !). Nouvelle dose d’énergie rock très bienvenue avec Les Trois Accords, qui avaient déjà invité Coeur de Pirate lors de leur propre carte blanche au FEQ en 2013. Si Dans mon corps n’était pas tout à fait au point vocalement pour Béatrice Martin, le mélange était plus réussi sur Saint-Bruno et Ensemble.

Les guitares électriques se sont poursuivies après, Coeur de pirate ayant fait monter Laura Jane Grace, « une personne importante dans ma vie », lancera à la sauvette Béatrice Martin — elles échangeront un baiser timide à la toute fin du spectacle. Elles auront chanté deux titres de sa formation Against Me !, un bon mélange avec le rock des Trois Accords juste avant, mais plutôt loin de l’ADN de la corsaire. Le naturel est revenu à la toute fin, avec Comme des enfants, entonnée par la foule, et Oublie-moi, dernier pas de sa grande valse.

Hedley

En ouverture, mélange un peu étrange, le groupe pop-rock Hedley réchauffait la foule pendant une heure de concert. L’offre est bien faite, mais plutôt générique, et il y avait plus à dire sur ce qui se passait entre les chansons que pendant. Par exemple, le délicat chanteur Jacob Hoggard a cru bon de lâcher un bon rot dans le micro, avant de nous dire quelques minutes plus tard que si on ne demandait pas la nouvelle chanson du groupe aux radios, il allait venir chez nous coucher avec nos mères. La classe. Soyons honnête, il a aussi été plutôt amusant en confisquant le téléphone d’une jeune fille qui textait devant lui, allant jusqu’à appeler son père, avec le son du téléphone dans le micro.

Notre journaliste est hébergé par le festival.

 

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