Un concert à deux vitesses

Le nouveau maître artistique d’Orford Musique, Wonny Song
Photo: Source Orford Musique Le nouveau maître artistique d’Orford Musique, Wonny Song

Le Festival Orford Musique 2016 s’ouvrait officiellement samedi par un concert du Quatuor Cecilia et du nouveau maître artistique des lieux, Wonny Song.

Comme il l’a déclaré au Devoir, Wonny Song est, dans sa programmation, à la recherche du « risque raisonnable ». Les spectateurs, qui ne remplissaient pas totalement la salle Gilles-Lefebvre, samedi, sont assez adultes pour juger s’il a déraisonné à la première occasion, en acceptant que le Quatuor Cecilia présente lors du concert d’ouverture d’un festival un interminable délire de Nicole Lizée, mélange de musique répétitive en canon, d’entrées et sorties de protagonistes qui tapaient sur des papiers et soupiraient. Tout cela est tellement cliché, tellement passé, tellement mort-né… Que des artistes se coltinent la chose, c’est leur sort, puisqu’ils ont passé la commande. Mais les spectateurs ! Certains, à la pause, invoquaient divers objets du culte en des contextes peu flatteurs…

Que retiendrons-nous de ce concert d’ouverture ? Cette horreur ou le Quintette avec piano de Dvorak, qui illumina la seconde partie et dont le héros fut le pianiste, jamais fort en gueule, au jeu liquide et insufflant toujours la bonne pulsation ?

Changements à faire

Le responsable des notes de programmes avait choisi : seule l’oeuvre de Dvorak était présentée. Les autres, qui nécessitaient une introduction au premier chef, étaient carrément omises. Il paraît, en plus, que c’est « normal » parce que « ça se fait comme cela ». J’ai comme l’impression qu’il y a des changements à faire à Orford, y compris quand le directeur François Tétreault vante « les avantages fiscaux intéressants » d’une commandite des 40 pianos que le centre a dû se payer à l’automne.

Quant au Quatuor Cecilia, il a désormais 12 ans, mais je ne sens guère d’évolution. Le jeu est bien calibré, le travail scrupuleux et remarquable. Les quatre musiciennes font au mieux avec les moyens du bord, mais ces moyens du bord ne sont pas ceux d’un quatuor de calibre international. L’altiste est la plus attachante, mais je n’ai guère d’atomes crochus avec le son des deux violonistes, notamment celui de la première, peu nourri et par moments aigrelet.

Il y a un côté standing et glamour à réévaluer à Orford pour l’ouverture 2017. La piste merveilleuse qui s’ouvre est celle de Wonny Song pianiste, en partenariat avec des trios ou quatuors. Grands, cette fois…

Wonny Song & Le Cecilia String Quartet

Mendelssohn : Quatuor op. 44 n° 2. Nicole Lizée : Isabella Blow at Somerset House (2015). Dvorak. Quintette op. 81. Salle Gilles-Lefebvre, Orford, samedi 2 juillet 2016.

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