Toutes sortes de tempêtes

Bernard Adamus saisi par notre photographe, toutes veines protubérantes
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Bernard Adamus saisi par notre photographe, toutes veines protubérantes

Du Club soda au Métropolis, du Théâtre Maisonneuve à la rue Sainte-Catherine ou Jeanne-Mance, la musique francophone a guidé nos pas depuis dix jours, à travers de petits et de grands événements. Bilan.

Le moment « Quand le rap est là » Ce n’était pas innovateur de la part des FrancoFolies que de confier le concert d’ouverture à quatre des meilleurs groupes rap québécois du moment. C’était juste le reflet de ce qui se trame pour vrai sur le « terrain ». Et pour un jeudi pluvieux et froid, la foule plus qu’honorable leur a donné raison.

L’étonnement avant la tempête Le rappeur français aux racines africaines MHD, vous connaissez ? Sans grand bruit médiatique, il a attiré des milliers de personnes ce vendredi, même à 23 h, heure un peu ingrate. C’était compact, dansant, animé comme rarement le sont les spectacles à cette heure. Le public d’aujourd’hui est niché, mais il est là.

Le moment de tempête C’est aux informations le samedi matin qu’on l’a appris : à peine avions-nous quitté le spectacle de MHD que la fête virait en émeute en périphérie du site, à la suite d’une série de petits événements anodins mais inflammables. Une étincelle dont semblent avoir profité quelques personnes mal intentionnées, sous le regard médusé de l’organisation du festival, qui n’avait jamais rien vu de tel dans l’histoire des Francos et même du Jazz. Anecdotique mais marquant !

La révélation venue de France Feu ! Chatterton. On les avait déjà trouvés sympa au Paléo, en Suisse, sous un chapiteau extérieur. Mais ici, en salle, avec davantage de spectacles derrière la cravate, la formation Feu ! Chatterton a vraiment été impressionnante, liant intensité rock, finesse pop et poésie. De tout pour la tête et le coeur.

« C’est pas parce qu’on est petits qu’on peut pas être grands » Le duo Saratoga est formé du couple Chantal Archambault et Michel-Olivier Gasse, deux musiciens de petite taille — ils se sont eux-mêmes décrits comme des hobbits ! Tout collés dans un coin de la grande scène du Théâtre Maisonneuve, en ouverture des Soeurs Boulay, ils semblaient encore plus petits. Mais leur spectacle country-folk a été épatant, drôle, touchant, livré avec un naturel désarmant. C’était quelque chose de grand. La preuve : le public leur a offert une ovation debout, fait rarissime pour une première partie.
 

Des émeutiers se manifestent après un concert

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est intervenu vendredi soir en marge d’un concert des FrancoFolies. Vers 23 h 30, des dizaines d’individus se sont mis à lancer des objets de toutes sortes, des briques, des roches, des pièces de métal et même des cônes orange sur les édifices, selon les informations obtenues auprès du SPVM. Cible des émeutiers, le quartier général du service de police a été vandalisé, tout comme des commerces et des véhicules qui étaient stationnés. L’escouade antiémeute a dû intervenir en fin de soirée, procédant finalement à deux arrestations.

Les deux jeunes hommes arrêtés font chacun face à une seule accusation. Selon Jean-Pierre Brabant, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal, un homme de 24 ans fait face à une accusation d’entrave au travail des policiers et a été libéré sous promesse de comparaître. Dans le deuxième cas, un homme de 25 ans doit répondre à une accusation d’agression armée sur un policier ; il devait être libéré samedi dans le courant de l’après-midi, après avoir signifié un engagement pour comparaître plus tard. Les enquêteurs poursuivent toutefois l’analyse des vidéos pour tenter d’identifier des gens qui ont commis des actes de vandalisme.

De son côté, le maire de Montréal, Denis Coderre, a regretté ces événements, les jugeant « déplorables ». « On n’est jamais content [du grabuge]. Il y en a qui n’ont pas été capables de se retenir. Montréal est la capitale du vivre-ensemble. Elle est une place sécuritaire. On n’a pas besoin de casser rien », a-t-il déclaré.

Déjà samedi matin, plusieurs observateurs croyaient que la présence policière serait renforcée pour le reste du festival. Comme de fait, les effectifs policiers ont été renforcés lors de la soirée de clôture des FrancoFolies qui se terminaient samedi soir. Toujours selon Jean-Pierre Brabant, du SPVM, davantage de policiers devraient également être sur les lieux au cours des prochains événements qui se tiendront à proximité du quartier général cet été.

Florence Sara G. Ferraris avec La Presse canadienne


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