Le chant et les voix de tous les possibles

Rappeur du quartier planétaire, Vox Sambou incarne le hip-hop de quartier et le chant des ancêtres haïtiens.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Rappeur du quartier planétaire, Vox Sambou incarne le hip-hop de quartier et le chant des ancêtres haïtiens.

Voix éthérées ou machines de la ville, chansons engagées et engageantes, du quartier ou de la planète, en finesse ou en déglingue : voici quelques belles parcelles des Francos.

Le moment des disparus et du revenant Tomás Jensen. Il revenait de l’Argentine et parlait des victimes du pays. C’était le temps de ses chansons engagées, sa langue première, ses intros planantes, ses vocalises aérées, son rock sans batteur, sa douceur engageante et sa liberté sautillante.

Le moment du rappeur du quartier planétaire Vox Sambou. Il incarne le hip-hop de quartier et le chant des ancêtres haïtiens, le son de l’Afrique et de sa diaspora, le sens de la famille et de l’humain, la présence montréalaise à l’ère des enjeux planétaires. Un vrai !

Le moment du cri céleste sur le chaos urbain Emel Mathlouthi. Dans la force de l’urgence et avec sa langue arabe qu’elle fait monter jusqu’aux étoiles, elle est en train d’opérer une véritable métamorphose, quelque part à New York dans la machine et les expérimentations sonores.

Le moment du groove dans le swing Yves Lambert, les Poules à Colin, Nicolas Pellerin et les Grands hurleurs. Défavorisé aux Francos le trad ? Bien sûr que oui. Et pourtant, les trois artistes présentés proposent une facture unique, chacun à sa façon : mâtinée de soul et de l’esprit big band avec Socaled chez Bébert ; librement et doucement remuée chez Nicolas Pellerin ; en connexion parfaite avec le nouveau folk nord-américain chez les Poules. Un seul regret : avoir manqué le trad rock de Carotté.

Le moment de la rumba chansonnière Labess. La guitare de Nedjim Bouizzoul est rumba, mais son âme est aussi chaâbi, chanson, énergie, révolte, bourlingue, entre Paco, Moustaki et maintenant Django. Il chante comme il vit en captant la condition humaine.

Le moment du casseur de baguettes Élage Diouf. Avec boucle et bretelles, la voix bien en avant et le sourire très communicatif, il chante avec la foule, scatte, danse et tambourine fort.

Le moment « on ne les avait pas vus venir du tout » Les Chiens de Ruelles. Rock de hillbillies québécois, blues ou bluegrass, sur le cheval ou le tacot, tout ça ensemble : ça déménage !

Le moment de saluer aussi Alpha Blondy, Colectivo, Kleztory, King Abid, H’Sao, Rookie Rook compagnie.