«Intemporelle», du disque à la scène

Diane Dufresne à la Maison symphonique en décembre 2012
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Diane Dufresne à la Maison symphonique en décembre 2012

Après le disque, le spectacle. Mais si Diane Dufresne était restée à l’écart de la création de l’album-hommage Intemporelle, paru en novembre dernier, la chanteuse a décidé de plonger tête première dans la création de sa transposition scénique, qui sera présentée samedi à la Maison symphonique dans le cadre des FrancoFolies de Montréal.

La décision n’allait pas de soi, raconte l’interprète d’Oxygène au bout du fil. Déjà l’idée du disque la chicotait un peu — « les trucs d’hommages, c’est tellement fait, tellement fait, tellement fait, que ça devient une routine » — même si le résultat lui a plu, elle qui souligne le travail de Marc Pérusse et d’Alain Sauvageau. Et aussi, plonger dans l’organisation d’un spectacle demande beaucoup de temps et d’énergie, souligne la dame de 71 ans.

« Ouf, accepter un spectacle… quand on accepte quelque chose il faut le faire à fond, et un show ce n’est pas que des chansons en ligne. J’ai beaucoup hésité. J’ai téléphoné à des femmes que j’aime beaucoup, comme Catherine Major, une merveilleuse maman qui est arrivée aux répétitions avec son petit Oscar, qui avait seulement dix jours. J’ai téléphoné à Betty Bonifassi, à Jenny Salgado, à Jorane. Quand j’ai vu leur enthousiasme, j’ai dit OK on va y aller. »

Exception faite de Catherine Major, ces dernières artistes ne se retrouvent pas sur le disque Intemporelle, mais s’ajouteront donc aux interprètes de ce spectacle. Elles rejoindront Diane Tell, Marie-Denise Pelletier, Pierre Lapointe, Alexandre Désilets, Charlotte Cardin et Marie-Pierre Arthur. Du disque, seuls Ariane Moffatt et Roch Voisine ne pourront y être, ce dernier étant remplacé par Kevin Parent.

« Et ce n’est pas un spectacle de duos, précise Diane Dufresne. J’en fais un, mais je suis plus là pour accompagner. Je chante quatre chansons, je fais l’ouverture, la fermeture, j’essaie surtout de faire un bon spectacle. » Elle est épaulée à la mise en scène par Pierre Séguin, « parce que moi j’aime pas ça diriger ça, “ toi tu vas là, toi ici  ». Mais Intemporelle reste son spectacle, et elle a mené pour l’occasion trois jours de répétition. « Moi j’ai une ancienne méthode, pas nécessairement plus rigoureuse, mais qui laisse probablement plus de place aux artistes et aux interprètes, parce que j’en suis une. »

Diane Dufresne était déjà montée sur la scène de la Maison symphonique en 2012, et est bien heureuse de s’y retrouver. Par contre, le spectacle n’en est pas un orchestral, précise-t-elle. Sur scène, il y aura les six musiciens de l’album Intemporelle, plus un quatuor à cordes. « On a essayé dans les arrangements d’aller dans la couleur, il ne fallait pas débarquer totalement du disque non plus, et il va y avoir de belles surprises musicalement. Il va y avoir une invitée spéciale qui va arriver vers la fin du spectacle, j’en parle pas plus, c’est une artiste que le public adore. »

La grande dame de la chanson parle d’ailleurs avec beaucoup de tendresse des onze invités qui chanteront ses chansons, racontant que les répétitions ont fait de ce concert une histoire plus personnelle que prévu, pleine de douceur.

« Vous savez, on ne m’a pas chanté souvent, lance Madame Dufresne. Alexandre Désilets, il a choisi la pièce Que, que j’ai écrite, et il la fait merveilleusement. Je me dis que les gens ne doivent pas s’ennuyer de Diane Dufresne quand il la chante ! Et puis, écoutez, une Betty Bonifassi, avec sa voix incroyable qui va chanter une chanson d’amour, et Jenny Salgado qui a transformé sa chanson, Jorane, quelle merveilleuse artiste. My god, quand je vois ça, je suis fière. »

D’autant plus fière que la plupart des interprètes n’ont pas vécu la faste époque de la grande voix québécoise, ce qui change leur rapport aux chansons. Diane Dufresne leur laisse d’ailleurs assez de liberté dans leur tour de chant. « Quand on voit une Charlotte Cardin, belle comme un mannequin, qui arrive avec sa voix, je ne pense pas qu’elle est une fanatique de Diane Dufresne dans la vie. C’est vraiment chouette, parce qu’il y a de la vie là-dedans, c’est pas de la nostalgie. »

Après le concert de samedi, Diane Dufresne compte retourner à l’écriture, elle qui tente de coucher sur papier ses mémoires. « L’important c’est d’écrire, que ce soit là, et c’est peut-être ce qui va m’inspirer autre chose. Vous me demandez ce que je vais faire ? Si je ne fais rien, je ferai quelque chose ! » Chose certaine, il ne lui manquera pas de souvenirs heureux.
 

Intemporelle Diane Dufresne

À la Maison symphonique Samedi 18 juin à 20 h

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