À voir à la télévision le samedi 14 février - Star et victime

Le documentaire présenté par Artv ce soir date de 1987. Réalisé par Tony Palmer à l'occasion du 10e anniversaire de la mort de Maria Callas, il laisse parler à l'envi ses amis et admirateurs, dont l'inénarrable Zeffirelli, qui déclara un jour qu'elle était «une artiste du calibre de Michel-Ange» et nous sert ici des réflexions du même calibre.

Callas la divine, la légende. Une légende d'autant plus dorée qu'elle est faite de cris et de pleurs. Le scénario de Palmer est donc celui de la victimisation de la pauvre agnelle: brassée par sa mère, jalousée par sa soeur, trahie par Onassis. Quand on fricote avec Onassis, qui régnait en maître sur un empire de pouvoir, de fric et de sexe, ne peut-on pas s'attendre à être à terme une victime de plus au palmarès? Mais le documentaire ne parle pas de la naïveté (ou des calculs) de Callas...

On aimerait aussi en savoir plus sur le phénomène vocal, sur son pouvoir de fascination. On aurait aimé voir développée la réflexion de Nicola Rescigno sur la Callas des débuts: «Sa voix n'était pas de toute première qualité, mais elle en fit l'instrument le plus expressif, le plus vocal, le plus authentique.»

Reste une scène qui, à elle seule, permet de comprendre le mythe. Il s'agit d'un extrait de Tosca en 1963, avec ce fameux regard sur le poignard, pendant lequel se forge l'idée de tuer Scarpia. Là, on comprend que Callas était plus qu'une voix. Ce fut une tragédienne sans égale.

Le film de Palmer, malgré ses excès dans l'analyse, est narrativement ficelé de manière à rendre ce mythe tangible et son histoire attachante.

Thema: Maria Callas

Artv, 21h