Les vestiges du chaos, Christophe

Il y a 51 ans, Christophe avait « dessiné sur le sable son doux visage ». Aline, comprend-on, n’a toujours pas disparu. Elle baigne avec le chanteur dans son Océan d’amour. Et 42 ans après Les mots bleus, ce sont Les mots fous : même ton anxieux, même timbre trop haut perché, semblables mélodies au bord de la crise de nerfs. Les vagues de synthés ont depuis longtemps submergé les orchestrations yéyé, mais l’endroit est familier : on est encore en plein mal-être, sans résolution à l’horizon. Jusqu’à Lou, hommage à feu Lou Reed, qui parle surtout de Christophe sur les lieux de sa folie : « Au milieu de la plage, Lou fait du tai chi… » On ne s’éloigne pas des dunes, peu importe le parolier associé (y compris notre Daniel Bélanger, pour Drone et Tangerine, celle-là donnée en duo avec Alan Vega) : ce drôle de surplace lasserait chez quiconque sauf Christophe. Avec lui, c’est possible, voire envoûtant : oui au romantisme fêlé, à l’angoisse comme mode de survie. Un cas.


Christophe - Océan d'amour

Les vestiges du chaos

Chanson électro

Christophe Capitol, Universal