Spectacles - Tous s'offrent pour l'Off

Que viennent donc faire Richard Desjardins, Pascale Bussières, Loco Locass, Louise Forestier, Urbain Desbois et autres Bori à la soirée de financement du Off Festival de jazz de Montréal ce vendredi au Medley? En deux mots: dissidence et solidarité.

L'affiche n'est pas très jazz, c'est le moins que l'on puisse dire. Sinon le grand Papasoff et son grand saxo, c'est à peu près tout sauf jazz. Ni jazz d'élite ni jazz grand public. Même pas chanson jazzy. Et c'est voulu. Sous le chapeau «Solidarité musicale», le message n'est pas exactement subliminal: la soirée de financement du Off Festival de jazz de Montréal n'est pas affaire de clique ni de chapelle, pas plus qu'un événement en circuit fermé. C'est plutôt de nécessaire survie qu'il s'agit. «Les salons des refusés ont toujours fait partie de l'histoire de l'art [...]», écrit l'organisateur-animateur-clown François Gourd dans son communiqué. «C'est bon de contester l'autorité, le monopole», ajoute le même au bout du fil. «Ça met de la vie. C'est toujours sain qu'il y ait un petit "off" autour d'un gros festival.»

L'affiche tous azimuts, c'est son idée. «Les gens du Off sont des musiciens, pas des gestionnaires. Plus habiles à gérer des notes de musique que des notes de frais. C'est clair qu'ils ont besoin d'appui financier. C'est clair aussi qu'ils ont besoin de ne pas se sentir tout seuls. Alors, je leur ai organisé un show qui leur montre qu'ils ont beaucoup d'amis.» Et surtout pas seulement dans le milieu jazz. Presque tous venus d'ailleurs seront donc les solidaires à la troisième soirée de financement de l'Off, demain soir au Medley: cela commencera à 20h par une courte première partie de Richard Desjardins. Lequel donnera pour la première fois en ville les chansons de Kanasuta, avec les musiciens de l'album (Normand Guilbault, Claude Fradette... ). «M. Richard a encore dit oui. On se retrouve souvent ensemble dans des soirées-bénéfice. On en avait fait une à Sherbrooke. On était fiers d'avoir attiré 1500 personnes à deux. Lui, 1498, et moi deux. J'étais venu avec deux amis.» Gourd s'esclaffe.

Entre 20h35 et 22h30 se succéderont sur scène Pascale Bussières («L'an dernier, on avait Charlotte Laurier, on est chanceux... »), Bernard Poirier, Fred Fortin, Marie-Claude Lamoureux, Lou Babin, Jessica Vigneault, Loco Locass, Paul Kunigis, Vander, Félix Gourd & The Cats («C'est mon fils, il est vraiment bon!»), Comboff, Jean Derome, Louise Forestier, Jean-François Groulx, François Marcaurelle, Charles Papasoff, Urbain Desbois, Yann Perreau, Bori et Kumpania. Tout ce monde-là en une heure 55 minutes chrono, vraiment? «J'ai l'habitude des cabarets, rappelle le fomenteur des Cabarets de la Pleine Lune. André Duchesne est notre dictateur technique [sic], et si on a dix minutes de retard, c'est parce que le bon Dieu est contre nous autres. Il n'y a aucune répétition. Les artistes arrivent, font leurs cinq minutes et c'est tout.» En «dessert» à partir de 22h30, la Fanfare Pourpour jouera, elle, «jusqu'à plus soif». Le peintre Armand Vaillancourt fournira la toile de fond.

On n'allongera pas indûment la soirée en discours, promet Gourd. «Une fois que t'as parlé cinq minutes, tout est dit. Après, je fais des niaiseries.» Il le faut bien: Céline Dion et Roch Voisine, précise-t-il, n'ont pas répondu à l'invitation qu'il n'a pas lancée. «On aurait bien été à la pêche, mais on n'a pas de vers.»

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Solidarité musicale

Soirée de financement pour l'Off Festival de jazz de Montréal

Vendredi au Medley dès 20h

Billets au guichet, au disquaire L'Oblique et à travers le réseau Ticket Pro