Mémoires vives, Grand Blanc

Nous ne pouvions passer sous silence ce premier album du groupe français Grand Blanc, paru il y a un mois. Nous n’envisagions pas non plus d’en parler à chaud, les treize chansons de Mémoires vives nécessitant une lente absorption : tant de détresse met du temps à se sédimenter entre les deux oreilles. Sans vraiment se défaire de ses comparaisons avec l’oeuvre de Bashung ou l’énergie de Feu ! Chatterton, Grand Blanc impressionne avec ce premier album touffu et anxiogène, où quelques chansons seulement (L’amour fou, Verticool) nous permettent de nous sortir la tête de leur rock glauque et viscéral aux tons électro/industriel. Parvenant à capturer ce sentiment de désespoir que savaient, à une autre époque, distiller Depeche Mode ou Joy Division, Grand Blanc innove cependant sur le plan des arrangements et de la réalisation, référentielle sans être rétro, partagée entre les guitares rock et les synthés poisseux. Le chant alterné des deux voix du groupe, l’affranchie Camille et l’austère Benoît, confère au disque une rafraîchissante et nécessaire diversité de ton.



Grand Blanc - Samedi la nuit

Mémoires vives

Rock

Grand Blanc Les Disques Entreprise