Poète rock, Lucien Francoeur

Il y a cinq albums dans ce discret coffret des années solo de notre Lucien immortel (c’est désormais un Lucien que l’on décerne au GAMIQ). Manque le tout premier d’après Aut’Chose, Épreuve machine (1978), « qu’on m’interdit d’inclure pour une question de droits », précise le rockeur plus sacrifié que sanctifié. Sortie retardée, tant pis pour Noël, rien n’aura été simple pour Johnny Frisson. J’ai été de ceux qui l’ont laissé rimer sa vie tout seul dans les années 1980, et ce n’est pas le succès de sa « novelty song » Le rap-à-Billy qui me ralliait à sa cause. Je constate que j’ai eu tort : sur chacun de ces disques où l’homme se cherchait (tâtant du français de France, faisant le chanteur avec Gerry Boulet), on trouve des lignes qui tuent, des fulgurances poétiques, et toujours ce sens aigu du détournement des clichés de la culture rock. Café Rimbaud est certes un sommet, n’empêche que personne d’autre que Francoeur aurait pu écrire « J’ai lu Coke en stock / Au motel Jenny Rock ». Respect.



Lucien Francoeur - Des grands boulevards

Poète rock

Réédition

Lucien Francoeur AMusic