«The Wall» deviendra un opéra à Montréal

Michel Beaulac, directeur artistique de l’Opéra de Montréal, Julien Bilodeau, compositeur, Roger Waters et Alain Trudel, chef d’orchestre, ont participé au dévoilement de la programmation de la saison 2016-2017 de l’Opéra de Montréal.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Michel Beaulac, directeur artistique de l’Opéra de Montréal, Julien Bilodeau, compositeur, Roger Waters et Alain Trudel, chef d’orchestre, ont participé au dévoilement de la programmation de la saison 2016-2017 de l’Opéra de Montréal.

L’Opéra de Montréal a dévoilé jeudi au Stade olympique le contenu de sa saison 2016-2017, qui se distingue par la création de Another Brick in the Wall — L’opéra, d’après The Wall de Pink Floyd. Ce dernier, présent pour l’occasion, n’a pas été avare de commentaires.

C’est l’un des premiers grands projets culturels du 375e anniversaire de Montréal qui a été dévoilé jeudi. Another Brick in the Wall — L’opéra sera concocté par le compositeur québécois Julien Bilodeau et créé le 11 mars 2017 à la salle Wilfrid-Pelletier. Pour l’occasion, sept représentations sont prévues, un nombre record pour l’Opéra de Montréal.

Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Michel Beaulac, directeur artistique de l’Opéra de Montréal, Julien Bilodeau, compositeur, Roger Waters et Alain Trudel, chef d’orchestre, ont participé au dévoilement de la programmation de la saison 2016-2017 de l’Opéra de Montréal.

L’ex-bassiste de Pink Floyd, Roger Waters, qui a jusqu’ici récusé les déclinaisons de son oeuvre, « sauf à destination d’enfants, d’institutions éducatives ou d’hôpitaux, bref, des utilisations non commerciales », n’a « aucun doute » que Another Brick in the Wall — L’opéra aura, après Montréal, une résonance et une carrière internationales.

Waters est revenu à de multiples reprises de manière plus ou moins goguenarde sur ce fameux concert de Pink Floyd du 6 juillet 1977 au Stade olympique, soirée particulièrement houleuse, où il avait fini par cracher au visage d’un spectateur turbulent. « J’étais au mauvais endroit, au mauvais moment, faisant la mauvaise chose. » Ne se sentant « pas humain », il a voulu ensuite prouver que « l’amour est plus important que l’animosité ».

Il a alors imaginé un artiste bâtissant un mur entre son public et lui : The Wall a germé à Montréal. Une forme qu’il espère « plus grande » y retournera 40 ans après.

Implication

Roger Waters a accepté, car il a été « ému » par les maquettes présentées il y a plus d’un an à New York par le compositeur Julien Bilodeau. Il semblait tout aussi enthousiasmé par les esquisses et développements entendus le matin même. Par contre, c’est à mots à peine voilés qu’il a regretté publiquement ne pas être assez impliqué dans la réalisation : « Être impliqué dans le projet est la récompense », une récompense qu’il place au-dessus du « chèque » !

Le metteur en scène Dominic Champagne, qui a évoqué un premier projet esquissé avec Waters il y a « dix ou douze ans » et abandonné ensuite, s’est montré motivé et honoré de travailler sur cette oeuvre. « Le livret est mon livret. Les idées sont les miennes et l’équipe les a comprises et a compris ce que je ressens », a ensuite acquiescé Roger Waters, qui a fait part de ses plus grandes réserves, en général, sur les adaptations symphoniques du répertoire rock : « Les adaptateurs sont inféodés à la mélodie et c’est horrible. » Il ambitionne clairement d’entendre en mars une « oeuvre différente » qui dénoncera la guerre et plaidera pour le monde fraternel auquel il aspire.

Dans cette nouvelle version de The Wall, le baryton Etienne Dupuis incarnera Pink, la rock star déchue. Alain Trudel sera à la tête de l’Orchestre Métropolitain.

Des chiffres encourageants

Cette annonce spectaculaire a quelque peu occulté le reste de la saison, solide et traditionnelle, une saison avec « exceptionnellement » (dixit Michel Beaulac, directeur artistique) cinq spectacles. Aïda de Verdi fera l’ouverture en septembre, dans une mise en scène de François Racine et sous la direction musicale de Paul Nadler.

Don Giovanni de Mozart, en coproduction avec le Boston Lyric Opera et le Glimmerglass Opera, offrira en novembre le rôle-titre à Gordon Bintner et le premier engagement ici pour le chef canadien Jordan de Souza, nouveau directeur musical de l’Opéra comique de Berlin. Dialogue des carmélites de Poulenc, une nouvelle production, prendra l’affiche en janvier 2017. Elle sera dirigée par Jean-François Rivest et mise en scène par Serge Denoncourt. Marianne Fiset incarnera Blanche de la Force, l’OSM sera dans la fosse.

En fin de saison, en mai 2017, La Bohème de Puccini offrira un premier grand rôle à France Bellemare et Luc Robert.

Il ne faudrait pas cacher derrière le mur les chiffres très encourageants communiqués par le directeur de l’institution, Pierre Dufour : 879 nouveaux abonnés (pour un total de 2450), une augmentation de fréquentation de 26 % chez les 30 ans et moins, 57 % de nouveaux clients parmi les acheteurs de billets à l’unité et un taux de remplissage (billets payants) de 89 %, alors que la moyenne nationale est à 71 %.

En plus, désormais, l’OdM s'est trouvé un ambassadeur de luxe, puisque Roger Waters a insisté sur le fait de « garder Mozart et Puccini à l’affiche » pour montrer leur génie « à nos enfants et petits-enfants ».

1 commentaire
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 4 mars 2016 08 h 30

    Cela promet

    .