Lomax, Betty Bonifassi

Mais, mais… c’est l’album d’il y a un an et demi, avec une autre pochette ? Pour moitié, les mêmes titres. Le même texte d’intro dans le livret, l’Amérique faite d’Afrique « au prix de son sang ». Et pourtant non. L’intraitable Betty, qui affirmait à l’été 2014 avoir trouvé son « mélange in vitro » de chants d’esclaves et d’électro, n’était pas au bout de sa quête. À l’épreuve de la scène, des constats : l’électro pas soluble dans la douleur, le mélange certes détonant mais pas assez incarné. Alors quoi ? Alors d’autres musiciens, Jesse Mac Cormack dans le rôle d’un T-Bone Burnett, un traitement roots’n’rock appuyé, façon Led Zep martelant du Willie Dixon. Avec une chorale. Ça donne un disque moins radical mais qui fait plus mal, moins expérimental mais plus ancré dans l’expérience vitale. Les cordes de la guitare dans Rosie sont barbelées, l’orgue et les choeurs dans No More my Lawrds coulent telles des blessures jamais cicatrisées. À la scène, ça dénude au lieu d’habiller. Ça y est, Betty.



Betty Bonifassi - I Don't Do Nobody

Lomax

Roots’n’rock

Betty Bonifassi, L-Abe