L’amour n’a jamais tort, Adamo

« Vais-je encore vous faire le coup / Du p’tit chanteur qui se rêve la vie ? » demande Salvatore Adamo dans Chantez, la profession de foi qui ouvre cet album. Le combientième ? Depuis 1963 que le Belge les aligne, ses rimes souriantes sans racolage, élégantes sans fioritures, tendres sans mièvrerie, gentilles par bonne nature, parfois indignées. Dans sa Belgique au coeur de l’horreur, l’homme qui écrivit Inch’Allah refuse de baisser les bras, encore et toujours chargés d’espoir : « […] je veux penser malgré tout / Qu’aucun dieu n’a demandé / Que l’on tue pour prêcher sa parole ». Douze ans après l’AVC qui l’a un peu ralenti, « le jardinier de l’amour » (dixit Brel) arrose ses fleurs et les offre, prend la mesure du temps (Les jours passent, Des mots dans le vent), parle à celles qui lui sont chères (Ô femme, De père à fille en duo avec Joyce Jonathan), assume son âge (Je mets des bémols). Continue de bien faire l’Adamo, quoi, c’est-à-dire faire du bien. Mine de rien.

L’amour n’a jamais tort

Chanson

Adamo, Polydor/Universal