Un carnaval pour la dignité

David Byrne sera parmi les artistes qui feront la fête pour la bonne cause.
Photo: Will Squibb David Byrne sera parmi les artistes qui feront la fête pour la bonne cause.

Sous l’impulsion de Régine Chassagne et de Win Butler, le sympathique carnaval revient pour la 4e fois, ce vendredi à la SAT jusqu’aux petites heures. Tout est déjà complet, mille personnes sont attendues et une pléiade d’invités se succéderont ou se mélangeront dans l’ordre et le désordre propres à ce genre d’événement.

Ainsi, Régine Chassagne, Win Butler — sous le nom de DJ Windows 98 — et Richard Reed Parry d’Arcade Fire, le roi David Byrne, la reine Marjorie Villefranche, l’acteur Rainn Wilson, le Preservation Hall Jazz Band, Saul Williams, Gardy Fury, Vox Sambou, Paul Beaubrun, Fwonte et des musiciens de rara feront la fête pour une bonne cause : rassembler des fonds au profit de la Fondation Kanpe, qui accompagne des Haïtiens vers l’autonomie financière. Au-delà du spectacle, tous peuvent contribuer à ce carnaval pour la dignité à kanpe.org.

Développer un village

La vision de Kanpe est de développer un village à la fois dans le Plateau central d’Haïti, la région la plus touchée par la baisse de production agricole. La directrice Isabelle Thibault précise : « Nous n’avons pas comme ambition de devenir une grosse ONG et nous travaillons dans de petites communautés pour soutenir les plus vulnérables à l’autonomie financière. Nous voulons répondre aux besoins qu’ils ont eux-mêmes déterminés. On est une toute petite organisation, et si on s’étend trop, cet accompagnement-là sera plus dispersé. »

La fondation fut créée par Régine Chassagne et Dominique Anglade, maintenant ministre québécoise de l’Économie, de la Science et de l’Innovation. Isabelle Thibault aime dire que l’organisation possède un côté sucré-salé et que la première des deux complices amène le côté sucré, plus festif et culturel, alors que la seconde apportait le caractère stratégique. Régine Chassagne est encore membre au conseil d’administration, alors que Dominique Anglade a dû le quitter, même si elle demeure proche de la fondation.

Les piliers de l’autonomie

Dans ses initiatives, Kanpe intègre ses six piliers fondamentaux de l’autonomie : la nutrition, la santé, l’habitation, l’éducation, l’agriculture et le leadership. Le premier village accompagné fut celui de Baile Tourrible, où 331 familles furent intégrées au programme de la fondation. Quels en sont les résultats un an après que les familles eurent gradué à la fin de la formation ? « 97 % des familles avaient maintenu leur autonomie financière à deux sources de revenus », soutient Isabelle Thibault.

Le mois dernier, on a inauguré une nouvelle cohorte avec 200 familles au village voisin de Savanette Cabral. Isabelle Thibault en décrit le processus : « Dans la première étape, les gens reçoivent un filtre à eau. Ensuite, c’est la construction d’une latrine, puis on fournit les matériaux pour qu’ils retapent eux-mêmes leur maison. Une évaluation du bilan de santé sera faite pour chaque famille. S’il y a des problèmes, ils sont traités en priorité dans les hôpitaux et les cliniques des environs. Les enfants en malnutrition sont immédiatement pris en charge. Graduellement, il faut les sortir de l’extrême pauvreté pour les amener à un niveau raisonnable où ils peuvent subvenir à leurs besoins. À partir de ce moment, ils peuvent avoir accès à du microcrédit et savoir comment le gérer pour que ce soit prospère. »

Pendant ce temps, vendredi soir, on sortira les masques, on se maquillera, on boira un coup de rhum, on se lancera dans un beau bordel et on dansera jusqu’à l’essoufflement pendant que les artistes se relayeront et se lanceront tous ensemble dans un jam vers minuit, une heure ou peut-être plus tard. Vendredi soir, le temps ne comptera plus.

Kanaval Kanpe

Régine Chassagne, Win Butler (DJ Windows 98) et Richard Reed Parry d’Arcade Fire, David Byrne, Rainn Wilson, le Preservation Hall Jazz Band, Marjorie Villefranche, Saul Williams, Gardy Fury, Vox Sambou, Paul Beaubrun, Fwonte, des percussionnistes et danseurs rara. À la Société des arts technologiques (SAT), vendredi 19 février, de 21 h à 3 h.