La veillée remixée

Mélisande, la chanteuse-guitariste du groupe, avec son complice bassiste-flûtiste Alexandre de Grosbois-Garand
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Mélisande, la chanteuse-guitariste du groupe, avec son complice bassiste-flûtiste Alexandre de Grosbois-Garand

Mélisande (électrotrad), Gabrielle Bouthillier, Maz, Michel Faubert, Olivier Soucy, Simard Gagné Associés, Yves Lambert avec Socalled et Poirier sont tous des artistes qui mélangent ou ont mélangé l’électro avec le trad québécois. Une nouvelle vague ? Au moins l’amorce d’un phénomène nouveau qui se poursuit ce vendredi, alors que Mélisande (électrotrad) invite la gigueuse Yaëlle Azoulay, le breakdancer Greg « Krypto » Selinger et l’artiste visuel Jérôme Delapierre à collaborer avec eux pour la présentation du spectacle Le bal des métamorphoses qui se déroulera au son des arrangements électros du nouveau claviériste Gabriel Éthier.

Et la soirée se terminera par une veillée de danse, alors qu’Yves Lambert jouera sans chanter (!) sur les beats de Poirier. Bienvenue à la « soirée canadienne », version 2015 ! Et qui plus est, mise en scène par Michel Faubert.

« Par rapport à notre disque Les métamorphoses, ce sera un très gros changement dans les pièces », affirme Mélisande, la chanteuse-guitariste du groupe. D’abord auteure-compositrice-interprète, elle vient aussi du prog et a frayé dans les sentiers de Robert Fripp. Son complice bassiste-flûtiste Alexandre de Grosbois-Garand est également membre de Genticorum, qui est actuellement en repos. Il relance : « C’est comme si Gabriel Éthier avait fait des remix de nos chansons. Ça donne une nouvelle vie. »

Claviériste du superbe groupe électro-world Niyaz, Éthier est un collaborateur régulier de Mélisande (électrotrad) depuis mars dernier. Il remplace Marc Busic, qui fut un élément important de la première mouture du groupe avec son apport au niveau de l’électro. « Gabriel Éthier est plus issu de l’électro que Marc », explique Mélisande. « C’est un vrai pianiste, mais il est aussi super bon par rapport au spectre sonore. Il est habitué à créer des séquences qui ne sont pas linéaires. On lui avait fait une commande pour que notre musique soit plus dansante. »

Mélisande (électrotrad) trouve des chansons traditionnelles, respecte les mélodies et change parfois les textes pour mettre en valeur la démarche féministe de Mélisande. « Le bon vin est pour les femmes et l’eau des puits pour les maris », chante-t-elle. Ce sont eux qui passeront le balai au petit matin après la veillée bien arrosée. Un bien triste sort, et pourtant, les garçons du groupe sont bien vivants en jouant et en faisant des arrangements qui ne sonnent pas comme de la musique traditionnelle, entre chanson et électro, avec des éléments de prog et même de rétro. Sur le disque Les métamorphoses, la complainte acadienne ou madelinienne loge au même bal que le collectage de Marius Barbeau ou les trésors de Francine Brunel-Reeves, Normand Miron et Vigneault.

Mais sur scène au Centre Phi, Le bal des métamorphoses permettra également de découvrir Alexis Chartrand, un jeune violoneux fort prometteur. Alexandre de Grosbois-Garand le présente : « Il a un feel assez contemporain. Le traditionnel est encore là, mais il a remplacé dans [le groupe] Maz et ça fait un bout de temps qu’il expérimente. Il a son rack d’effets et un paquet de pédales. »

À tout cela, s’ajoute la danse : « Ce qui est intéressant, dit Alexandre, c’est que Yaëlle Azoulay a un background de gigue, et Greg " Krypto " Selinger vient du breakdance, mais les deux font de la danse contemporaine. Dans les chorégraphies, ce n’est pas juste de la gigue ou du breakdance, mais ils poussent ça ailleurs et font des choses ensemble. » Pendant qu’ils danseront et que les musiciens se déploieront, Jérôme Delapierre projettera ses images et d’autres caméramans feront des captations retransmises en direct.

Reste la veillée qui suivra avec les membres de Mélisande (électrotrad), Yaëlle Azoulay, la danseuse qui revient au câll, et deux maîtres de danse : le Bébert national, une figure de proue du trad, et Poirier, un pionnier de la scène électro montréalaise. Swignez votre compagnie… dans les nouvelles transes !

Le bal des métamorphoses

Mélisande (électrotrad) au Centre Phi, vendredi 4 décembre à 20 h