Bernard Labadie renaît après 572 jours en enfer

Bernard Labadie, photographié en 2013, revivra le plaisir de diriger un orchestre.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Bernard Labadie, photographié en 2013, revivra le plaisir de diriger un orchestre.

Demain, jeudi, à St. Louis dans le Missouri, Bernard Labadie grimpera sur un podium pour la première fois depuis 572 jours. Ce Messie de Haendel sera celui de la renaissance pour le chef québécois, qui a réchappé quasi miraculeusement à une foudroyante leucémie.

Le retour de Bernard Labadie que nous attendons tous aura lieu à Québec le 11 février et à Montréal le 12 février dans la Messe en ut et le Requiem de Mozart. Il était important pour le chef de valider au préalable son long chemin vers la guérison en maintenant des engagements à diriger le Messie de Haendel — cette oeuvre qui lui est quasi consubstantielle — en ce mois de décembre 2015 à St. Louis, de jeudi à dimanche, puis à Chicago, à cinq reprises entre les 10 et 20 décembre.

Défi emblématique

Revenir à Chicago était forcément un défi emblématique pour Bernard Labadie, puisque c’est dans ce Chicago Symphony Center, les 9 et 10 mai 2014, qu’il dirigea ses derniers concerts. C’est à son arrivée à Fribourg, les jours suivants, que son univers s’est écroulé. Diagnostic : lymphome T. Pronostic vital : très engagé.

C’est à Fribourg, à la mi-mai 2014, que Bernard Labadie fit son premier pied de nez à la grande faucheuse, à s’endormir sans savoir s’il allait se réveiller le lendemain matin. C’est aussi le prompt dépistage de la maladie dans un centre médico-universitaire de pointe en Allemagne qui l’a sauvé une première fois.

Dans un entretien publié par le site de l’Orchestre symphonique de Chicago, le chef s’est confié en fin de semaine sur sa maladie, sur l’échec de la première transplantation de cellules souches puis sur ces cinq mois d’hospitalisation, dont un mois de coma forcé, le tout résumé par la phrase : « J’ai eu toutes les complications possibles et peut-être même davantage. »

En forme

La longue rééducation, notamment musculaire, entamée depuis avril 2015 devrait lui permettre d’assumer, assis, ces neuf représentations du Messie, lors desquelles il retrouvera des solistes qu’il apprécie. Bernard Labadie nous a confié avoir été « épuisé » par sa première journée de répétition avec solistes et choeur, mais très en forme à l’aube de sa journée marathon de mardi, de deux répétitions avec orchestre.

De son côté, la Québécoise Marie-Hélène Bernard, nouvelle directrice générale de l’Orchestre de St. Louis, a assuré Le Devoir de l’avoir vu « en grande forme » devant des musiciens « très heureux de son retour » : « On s’est promis de prendre une journée à la fois, mais jusqu’ici tout va très bien. »

Le Noël 2015 de Bernard Labadie ne ressemblera pas, et c’est un miracle, au terrifiant tunnel de celui de l’an dernier. Tourner la page au plus vite, voici ce que le Messie de cette semaine lui apportera.

3 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 2 décembre 2015 02 h 02

    Bon retour, Maestro!

    Quelle joie d'apprendre le retour au pupitre d'un homme aussi créatif et essentiel à la vie musicale québécoise! Bonne et longue route...

  • Claire Lavigne - Inscrite 2 décembre 2015 05 h 41

    Enfin!

    Je suis ravie Monsieur Labadie de votre retour à votre "savoir-être" et à votre "savoir-faire" avec la musique. J'ai hâte de vous voir et de vous entendre avec votre famille musicale.
    Merci de revenir.
    Claire Lavigne.

  • Michel Handfield - Abonné 2 décembre 2015 10 h 18

    Bonne nouvelle

    Je suis très heureux de votre retour.