The Bearer of Bad News, Andy Shauf

Comme les chats, certains albums ont plusieurs vies. The Bearer of Bad News en est à sa troisième, le musicien de Regina Andy Shauf étant passé d’un petit label à un autre, s’installant cette fois chez Arts & Crafts. D’où la réédition de cet album feutré, groovant et boisé (fabuleuse clarinette), dont l’effet dilaté n’est pas une maladresse. Cinq ou six ans pour boucler onze pièces, enfermé dans un sous-sol, seul à l’instrumentation, débouchent forcément sur ça : un spleen ni trop lourd ni trop triste parsemé de pop, de soft rock, d’éthio-jazz et de classique, façon menuet de Bach (Drink My Rivers). Ces référents vifs, souvent vite disparus, sont la fantaisie asymétrique d’un folk charnu, où Shauf arrondit les voyelles avec la souplesse d’un Tobias Jesso. Ses contes, à la fois bruts et lyriques, parlent surtout de la vie des autres, comme Wendell Walker, 8 minutes au cadran. À écouter Jenny Come Home, sa petite nouvelle, on se dit : voilà un mélodiste qui sort enfin de l’ombre.


The Bearer of Bad News

Indie folk

Andy Shauf, Arts Crafts