Zhu Xiao-mei, «Bach: Inventions et Sinfonias». Accentus ACC 30350.

Précieuse « concordance du temps » : les nouveaux CD de Christian Blackshaw et Zhu Xiao-Mei arrivent au même moment, une semaine avant la venue de l’un et un mois avant les Goldberg de l’autre à Montréal. Autant que les Variations Goldberg, les Inventions et Sinfonias sont attachées à l’interprétation qu’en fit Glenn Gould. Ne nous sommes-nous pas laissés collectivement prendre au jeu du « génial, forcément génial » ? Si les Martiens envahissent la Terre un jour, ils vont vraiment se demander ce que les humains trouvaient de si fascinant à ce récital de geignements, avec, en bruit de fond, sur un piano sec et vaguement hideux, des vignettes musicales soit distendues soit joués façon jazz. Face à ce cirque narcissique, Zhu Xiao-Mei revêt les habits de la Mère Teresa du piano. Équilibre, bonté et lumière, dans une simplicité expressive qui laisse passer la voix de Bach (pas la sienne) et les voix, parfaitement détricotées. Bref, un retour à l’essence de cette musique.


Glenn Gould - Sinfonia No2

Zhu Xiao-Mei

Classique

Bach : Inventions et Sinfonias. Accentus ACC 30350.

2 commentaires
  • Michel Seymour - Abonné 30 octobre 2015 16 h 42

    Quel contraste en effet !

    Sur l'extrait chois, Gould apparaît en effet comme le parent pauvre, alors que Xiao-Mei restitue pleinement et simplement la voix de Bach.

  • Christophe Huss - Abonné 31 octobre 2015 17 h 00

    30 extraits

    Cher Michel Seymour, il y avait 30 extraits possibles, avec, je pense, le même résultat et le même constat.
    Celui-ci est néanmoins choisi parce que le contraste y est "maximisé".
    Bon week-end
    Christophe Huss