Uncovered, Shawn Colvin

Pouvez-vous imaginer le Baker Street de Gerry Rafferty, tube à tapisser les tympans de 1978, sans la signature de saxo ? J’aurais pas pu : c’est imprimé. Shawn Colvin y parvient, avec une guitare, du pedal steel, presque rien d’autre (sinon David Crosby à l’harmonie, quand même), et c’est la révélation : la chanson respire, vit. Tout, dans cet album de reprises exquises et délicates, le deuxième du genre pour Colvin en trois décennies d’americana maison, n’est pas aussi radicalement ramené à l’essentiel (on ne peut pas changer beaucoup l’American Tune de Paul Simon), mais on est éperdus d’admiration devant la réussite de l’exercice. Autant les sources ratissent large, de Stevie Wonder à Tammy Wynette en passant par Crowded House et Bruce Springsteen, autant il y a dans l’appropriation la plus grande unité de ton. Dans cet album où l’intention est de dénuder des chansons d’autrui, c’est l’interprète qui se dévoile le plus. Et, par là, donne envie de réécouter ses dix albums.

Uncovered

Americana

Shawn Colvin, Fantasy/Concord

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