If I Should Go Before You, City and Colour

Appelons cela du rock métaphysique, ou un mélodrame branché sur un orage électrique. Ce cinquième album de City and Colour, qualifié à raison de charnière par Dallas Green, délaisse le folk gracile pour prendre une charge amère avec batterie, basse et guitares bien pesantes. Woman, l’ouverture de neuf minutes, descend dans un univers éthéré de distorsions et de rock ambient, sorte de quête en cours d’effacement. Plus les actes s’enchaînent, plus on se dit qu’If I Should Go Before You est une musique de scène — c’est là qu’on est projeté d’ailleurs, dans quelque chose de vif et d’instantané, quoique très réfléchi. Beau paradoxe. Ici encore, le falsetto de Green est une boussole, surtout sur Lover Come Back, illustration du parfait équilibre dont est capable le musicien — c’est-à-dire ratisser amour, solitude et noirceur tout en s’éclatant. Si Blood et Map of the World étayent sa fragilité, pas tout à fait disparue, une chose est claire : la puissance imprime maintenant ses sentiments.

If I Should Go Before You

Folk-rock

City and Colour, Dine Alone

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