Béatrice chante et danse

Béatrice Martin a joué plus que jamais la carte de la présence physique.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Béatrice Martin a joué plus que jamais la carte de la présence physique.

Coeur de pirate nous disait en entrevue au moment de la sortie de son troisième disque, Roses, qu’elle s’était mise à la danse lors des derniers mois. Un peu pour les clips, puis pour elle, et inévitablement pour la scène. Lors de sa rentrée montréalaise, mercredi soir dans le cadre du festival Pop Montréal qui s’ébranlait tout juste, Béatrice Martin a joué plus que jamais la carte de la présence physique. Disque plus pop, spectacle plus pop, chanteuse à l’avant-scène, tout est dans tout.

Coeur de pirate qui danse devant la foule ? Qui bat des bras au rythme des coups de caisse de la batterie, qui traverse la scène d’un côté à l’autre, qui penche la tête derrière ? De mémoire de critique qui suit la chanteuse depuis ses débuts, jamais on n’avait vu la jeune femme aussi généreuse d’elle-même.

C’était quand même frappant de la voir aller, d’autant qu’elle a la plupart du temps eu l’image d’une timide, d’une réservée, aux yeux baissés sur son piano, la voix timorée. Mercredi, elle a bel et bien commencé la soirée devant son clavier, mais bien vite elle s’est redressée en continuant à jouer, puis pendant trois chansons, Undone, Golden Baby et Verseau, elle a chanté tout en exécutant plusieurs gestes simples mais chorégraphiés. Volute des mains, saut dans les airs, geste de pied, bras fouettant l’air vivement, pieds sur les pointes… Le noyau du concert s’est davantage fait de manière classique, mais la chanteuse est retournée devant la scène en fin de parcours. Mentionnons que la mise en scène avait été confiée au danseur Nico Archambault.

Étonnant, donc, mais réussi ? Allez, encore un brin forcé, mais clairement rafraîchissant, sans malaise. Et c’était en quelque sorte un spectacle qui portait l’ambition de son disque. On en met, on bouge, on épate la galerie — même si à l’heure de ce début de tournée elle surprend plus qu’elle n’épate : Coeur de pirate n’a pas encore la superbe d’une Christine The Queens.

Coeur de pirate avait aussi travaillé l’aspect visuel. Il n’y avait presque rien sur la scène, mais derrière les quatre musiciens vêtus de noir — dont une claviériste qui prenait la relève pendant les cabrioles de la chanteuse — se dressait une série de rideaux translucides étayés à différentes profondeurs de la scène, ce qui donnait une belle impression de 3D aux projections animées — au goût, disons, variable.

Félix Dyotte

 

En ouverture, le chanteur Félix Dyotte, de la défunte formation Chinatown, est venu présenter quelques chansons de son premier disque solo fait de chansons douces, de valses un peu frenchy. On ne peut pas dire que la foule lui a réservé un accueil bien chaleureux, la rumeur, que dire, le mur de bruit ayant enterré sa musique pendant la demi-heure qui lui était attribuée. Dommage, autant pour le public que pour le chanteur.

À voir en vidéo