Faded Gloryville, Lindi Ortega

Magnifique et tragique Lindi Ortega. « Black clouds, black clouds coming down […] Sadness, sadness on my mind/You’re gone with the wind and leavin’ me behind », lâche-t-elle dans le boogie sudiste When You Ain’t Home. Et si l’amoureux en question, c’était le succès ? Sachez que l’Ontarienne de Nashville a pensé renoncer (quinze ans de galère, ça commence à bien faire), et que c’eût été la vraie tragédie. Bouée de sauvetage, bras d’honneur, acte de foi, victoire, cet album existe et la chanteuse chante (et chantera : rendez-vous au Petit Campus le 26 octobre). Ce disque irréductible et inclassable comme elle — country, rockabilly, blues, ballades tendres ou déchirantes — lui permet de tout exprimer, sur tous les tons : le dépit dans la chanson-titre, la solitude sans fin dans Someday Soon, mais aussi l’espoir dans To Love Somebody (reprise des Bee Gees), et la fière détermination dans Run-Down Neighborhood : « I ain’t out yet. » Blessée, mais pas tuable.

Faded Gloryville

Musique

Lindi Ortega, Last Gang Records

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