The Switch, Emily King

Emily King a maintenant les cheveux en brosse, un regard coupant et de l’air dans la gorge. Non, l’Américaine n’a pas disparu, malgré le fossé entre East Side Story (2007) et l’EP Seven (2011), puis le temps écoulé. The Switch est le tête-à-queue dont la musicienne avait besoin après son passage chez Sony, qui l’avait formatée. Qu’on en profite : l’exercice est magnétique, moins sec dans ses frappes, tout imbibé d’une sensibilité nouvelle, très mystérieuse. King a l’attitude parfaite pour le son, légèrement flou, où elle se fait maîtresse d’un R&B puissamment soul où perce un rock distordu. Sommes-nous perdus au XXe siècle, en boîte de nuit indie ou dans un village d’Afrique ? Tout cela. Moins il y a d’instrumentation, plus sa voix chaude un brin nasillarde nous fouette. Ses silences bien placés, le recours aux choeurs (gospel ou classiques), au tambour et à l’instrumental (jolie Aya) sont des velours. Ça respire, ça bouge, ça groove — et plus on y goûte, plus ça gagne en puissance.

The Switch

Soul R&B

Emily King, Making Music Records

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